ADINGRA N’EST PAS LE PROBLÈME, NOTRE MÉMOIRE COURTE L’EST*

4 semaines

Après sa prestation décevante face à l’Allemagne, Simon Adingra se retrouve au centre d’un torrent de critiques parfois excessives.

Pourtant, condamner un jeune talent pour un seul match révèle davantage les excès de certains supporters que les véritables faiblesses du joueur. Entre passion, émotion et manque de recul, le football ivoirien gagnerait à cultiver davantage la mémoire, la mesure et la constance dans son jugement. Selon A. Sylla. On le lit.

« J’ai une suggestion qui, si tant est que nous ayons encore à cœur le bien-être collectif et un minimum de lucidité, mériterait d’être sérieusement considérée.

Et si nous cessions enfin de vouer ce gamin aux gémonies pour une prestation en dessous de son niveau habituel face à l’Allemagne ?

L’acharnement dont il fait l’objet révèle, une fois encore, hélas, cette propension regrettable de certains de nos supporters à ériger nos héros en divinités les jours de triomphe avant de les précipiter, sans ménagement, dans l’opprobre au moindre faux pas.

Hier adulé, encensé, porté aux nues comme un prodige incontestable ; aujourd’hui vilipendé avec une sévérité parfois outrancière, comme si une contre-performance suffisait à effacer tout le mérite accumulé.

Cette versatilité émotionnelle confine à l’injustice.

Il faut ici rappeler une évidence que l’emportement populaire semble souvent occulter : le football n’est pas une science exacte.

Il n’obéit ni à des certitudes mathématiques ni à des automatismes infaillibles.

Même les plus grandes équipes et les joueurs les plus talentueux connaissent des jours sans, des matchs ratés, des gestes manqués ou des décisions mal inspirées.

C’est précisément en cela que réside à la fois la grandeur et la cruauté de ce sport.

Accabler un joueur après une prestation en demi-teinte n’apporte absolument rien, sinon nourrir une culture de la condamnation expéditive.

Un grand peuple sportif doit savoir critiquer avec mesure, analyser avec intelligence et surtout soutenir ses joueurs dans l’adversité autant que dans la gloire.

Ce jeune talent, malgré sa performance relativement décevante d’hier, demeure l’une des valeurs sûres de notre équipe nationale.

Un match raté ne saurait résumer son talent, son apport ni, encore moins, son avenir.

Ceux qui l’acclamaient hier gagneraient à faire preuve de davantage de constance, de retenue et, surtout, de mémoire. »

A. Sylla

photo:dr

*le titre est de la rédaction

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