Sam, Lyannah et l’échec des adultes

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À des milliers de kilomètres l’un de l’autre, un nourrisson palestinien et une fillette française racontent la même tragédie : l’incapacité des adultes à protéger les enfants.

Sam Fahd Abu Haykal avait sept mois.

Le 5 juin, on a tué ce nourrisson palestinien en Cisjordanie lors d’un incident impliquant des soldats israéliens. Son père, professeur d’université, avait pourtant obtempéré à l’injonction de s’arrêter. Installé à l’arrière du véhicule dans son siège pour bébé, Sam se blesse  puis meurt. Son père se blesse à la main. Sa mère, hospitalisée, ignorait encore le drame dans les heures qui ont suivi.

La veille, en France, on a retrouvé le corps de Lyannah, une fillette de 11 ans, dans le Gers. C’est un promeneur nommé Malik qui a donné l’alerte. Le comportement inhabituel de rapaces tournoyant au-dessus d’une zone isolée l’a intrigué.

Deux enfants, deux pays, deux histoires différentes, une même question.

À qui les enfants peuvent-ils encore faire confiance ?

Lyannah avait fait confiance à un adulte qui s’était proposé de la raccompagner. Sam, lui, avait placé sa confiance dans ses parents. Son père avait cru qu’en respectant les consignes des militaires, sa famille serait en sécurité.

Nous vivons dans un monde capable de fabriquer des armes d’une précision redoutable. De produire des technologies révolutionnaires et de déplacer des fortunes en quelques secondes. Pourtant, ce même monde semble incapable de tenir la plus élémentaire des promesses faites aux enfants. Les protéger.

Au-delà des individus, ce sont parfois les institutions elles-mêmes qui apparaissent défaillantes.

Dans l’affaire Lyannah, le principal suspect était déjà connu de la justice pour des faits antérieurs. Dans le cas de Sam, c’est l’institution chargée d’assurer la sécurité qui se retrouve au cœur du drame.

Le pape Léon XIV rappelait récemment que la dignité humaine devait demeurer le premier critère de toute action politique et sociale.

Sam avait sept mois.

Lyannah avait onze ans.

Ils ne demandaient ni justice internationale, ni débats géopolitiques, ni théories savantes.

Ils demandaient seulement ce que tout enfant est en droit d’attendre des adultes. Rentrer chez eux vivants.

Tama César

photo:dr

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