À travers ce billet d’humeur, F. M. Bally livre son analyse de la persistance de l’insalubrité dans le district d’Abidjan et questionne la chaîne de responsabilité dans la gestion des déchets ménagers.
Lundi 1er juin 2026. Koffi Kouakou Amédé, ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, était furieux. Il a lancé un ultimatum de 72 heures aux sociétés de collecte des ordures ménagères afin de donner un nouveau visage à Abidjan.
Mardi 2 juin, boulevard Mohamed VI, dans la commune d’Abobo, au carrefour Agripac. Les ordures ménagères débordent des bacs et jonchent la chaussée (photo ci-dessous prise à 19 h 34).
Pourtant, ici, c’est ADOland. C’est également la commune dirigée par Kandia Camara-Kamissoko, présidente du Sénat, ainsi que la circonscription électorale qui a envoyé Téné Birahima Ouattara, dit « Photocopie », vice-premier ministre et ministre de la Défense, à l’Assemblée nationale.
Et à la veille de l’échéance fixée par Koffi Kouakou, le constat demeure inchangé.
Abobo continue, comme plusieurs autres communes, de s’enfoncer sous des montagnes d’ordures. Ou encore : de crouler sous l’accumulation des déchets ménagers.
C’est qu’il y a manifestement anguille sous roche. L’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED), dirigée par Sarrahn Teinin Ouattara, nièce du président Alassane Ouattara, pourrait être au cœur des dysfonctionnements qui affectent les opérateurs du secteur.
Or, l’agence ne semble pas avoir été associée aux discussions destinées à établir les responsabilités et à crever l’abcès.
À ce rythme, la montagne risque bel et bien d’accoucher d’une souris.
F. M. Bally
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

