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Ce chapitre de l’histoire que nous nous apprêtons à vous narrer aurait pu s’intituler « Chroniques d’une fin de parcours tumultueuse » ; jugez-en vous-même.

Il est en effet, des destinées que la gloire semblait avoir définitivement soustraites à l’usure du temps. Des voix qui, jadis, faisaient vibrer tout un peuple, traversaient les générations et s’élevaient au rang de patrimoine affectif national. Elle fut de celles-là. Une silhouette familière, une présence solaire, une voix enracinée dans la mémoire collective ivoirienne.
Au point où son nom paraissait devoir demeurer à jamais à l’abri des tumultes ordinaires.
Et pourtant…
Voici qu’au crépuscule d’une carrière autrefois majestueuse, l’icône vacille sous le poids de choix incompréhensibles.
De postures controversées, de prises de position hasardeuses et d’un rapport à l’espace public qui semble désormais gouverné moins par la hauteur que par l’amertume.
Ce qui autrefois relevait de la légende paraît aujourd’hui se consumer dans une succession de polémiques.
Et de postures qui attristent davantage qu’elles ne choquent. La question n’est même plus artistique, elle est presque existentielle. Elle interroge profondément.

A quel moment une figure adulée cesse-t-elle de protéger son propre héritage ?

À quel degré de décrépitude et de désenchantement faut-il être pour ainsi troquer l’aura de monument national contre l’image d’une personnalité désormais contestée, controversée.
Parfois même rejetée par une partie de ceux qui l’avaient autrefois portée au pinacle ?
Pourquoi toujours s’employer à tutoyer la ligne rouge ?
Comment et par quel cheminement intellectuel en est-elle arrivée à un tel hara-kiri ?
En quoi était-ce nécessaire ?
Tout artiste vieillissant est confronté à cette épreuve redoutable consistant à savoir quitter la scène sans profaner, soi-même, le mythe que le peuple avait construit autour de lui.
Certains comprennent que la rareté nourrit la grandeur. D’autres, hélas, s’acharnent à demeurer au centre du vacarme jusqu’à voir leur propre légende se fissurer sous leurs yeux.
Il ne s’agit nullement ici, chers amis, de nier l’immensité de l’œuvre ni l’empreinte laissée par cette icône sur la musique ivoirienne. Celle-ci demeure, indélébile même. Il est, cependant, des fins de parcours qui donnent le sentiment douloureux d’assister non à un coucher de soleil majestueux mais à une lente extinction dans le tumulte et la confusion.
Grand brouhaha en effet et immense charivari ; tout cela, pour une figure de cette stature, a quelque chose de profondément tragique.
Que les Éléments nous apportent le discernement.
A.SYLLA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

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