L’affaire Apoutchou National dépasse tout entendement. Agbré Stéphane, de son vrai nom, est mis en examen pour blanchiment de capitaux.
« Une infraction grave », selon Jean-Claude Aboya, procureur de la république près le Pôle pénal économique et financier (PPEF).
L’objectif du tribunal est de déceler l’origine des fonds (plus de 60 millions de nos francs) qu’il a exhibés, en compagnie d’autres, sur les réseaux sociaux en novembre 2024.
Le 14 novembre, ils ont été placés sous mandat de dépôt et écroués au PPA (ex-Maca, prison civile d’Abidjan). Avant d’être mis en liberté provisoire le 27 février 2025. Le 24 décembre de la même année, il a été interdit de sortie du pays.
Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, l’influenceur a continué, en pleine procédure judiciaire, de bénéficier du blanc seing des autorités.
Ainsi, il a rencontré, le 30 octobre 2025, Idriss Diallo, le président de la FIF qui lui a offert un maillot. Et a exprimé sa disponibilité à accompagner les Éléphants à la CAN 2025 au Maroc (21 décembre 2025 – 18 janvier 2026).
Apoutchou National en novembre 2025, devient ambassadeur auprès du ministère de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté dirigé par Mys Belmonde Dogo.
Et le 12 novembre, toujours sous contrôle judiciaire, on l’a autorisé à se rendre à Dubaï pour un événement.
C’est le summum de l’incohérence. Profitant de cette cacophonie et du laxisme d’État, Agbré Stéphane a organisé, le 24 février 2026, une action de solidarité, qui a senti le soufre.
Pour assister le comédien Akakpo Fortuné, il a recueilli, en un laps de temps, plus de 50 millions de nos francs.
Sans commissaire de justice officiel. Donc, sans traçabilité et transparence sur l’origine des fonds collectés. Répétant les mêmes maux à l’origine de son infortune judiciaire.
La justice a, alors, voulu reprendre la main, au moment où le pays reste placé « sous surveillance renforcée ».
C’est-à-dire sur la liste grise du GAFI.
Le parquet a requis, le 24 mars, sept ans de prison ferme et 240 millions de FCFA d’amende.
Cependant certains, dont Maryse Carmen Yao alias Carmen Sama, veuve de DJ Arafat, semble échapper au couperet de la justice.
Dans une vidéo, devenue aussi virale, Carmen Sama a exhibé trente millions de FCFA pour l’achat d’une voiture neuve. En violation de textes en vigueur. Mais on n’a nullement inquiété la « Mère de la Chine ». C’est le double standard.
F. M. Bally
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

