Soixante-cinq ans après la mort de Patrice Lumumba, un ancien diplomate belge de 93 ans devra répondre de ses actes devant un tribunal.
Soixante-cinq ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, le monde attend que justice soit enfin rendue par la Belgique.
Étienne Davignon, 93 ans, ancien diplomate et vice-président de la Commission européenne, est accusé d’avoir participé au meurtre politique.
Lumumba, Premier ministre du Congo en 1960, fut arrêté, transféré vers le Katanga et exécuté avec ses alliés Mpolo et Okito.
La Belgique avait longtemps nié sa responsabilité, mais une enquête parlementaire en 2001 l’avait déclarée moralement coupable de ce crime.
Le diplomate est poursuivi pour crimes de guerre, pour avoir privé Lumumba d’un procès équitable et d’un traitement digne.
Davignon aurait également contribué à l’arrestation et au transfert illégal de Maurice Mpolo et Joseph Okito vers le Katanga.
Les proches de Lumumba ont déposé plainte, affirmant que le système judiciaire belge devait enfin assumer ses responsabilités historiques.

Sa petite-fille, Yema Lumumba, a insisté sur la nécessité que la vérité éclate et que justice soit rendue rapidement.
Le procès devrait débuter en janvier 2027, sauf recours de la défense qui pourraient repousser la comparution devant le tribunal belge.
L’Etat belge a restitué à la famille Lumumba une dent en or, conservée comme souvenir macabre du crime.
Ce procès marque un signal fort contre l’impunité et rappelle que les crimes coloniaux ne peuvent rester ignorés par l’histoire.
Lumumba, icône du nationalisme et du mouvement anticolonial, demeure un symbole universel de résistance face à l’oppression coloniale.
Le diplomate belge, élevé au rang de comte par le roi Philippe, devra maintenant affronter le passé qu’il a tenté d’ignorer.
Davignon a occupé des postes influents dans l’Union européenne et dans le monde des affaires. Renforçant sa stature politique et sociale.
L’affaire illustre également les enjeux diplomatiques et politiques liés aux responsabilités des États dans les crimes internationaux non jugés.
Ce procès historique permettra de clarifier le rôle exact des autorités belges et de leurs agents dans l’assassinat du dirigeant congolais.
Pour la famille Lumumba, il s’agit d’un acte symbolique important. Marquant enfin la reconnaissance d’un crime politique impuni depuis plusieurs décennies.
Le monde entier observe cette procédure avec attention. Car elle illustre la lente mais nécessaire réconciliation entre justice et mémoire coloniale.
Le procès de Davignon pourrait ouvrir la voie à d’autres enquêtes sur les responsabilités belges dans des crimes similaires, encore longtemps ignorés.
La Belgique, confrontée à son passé, doit désormais répondre publiquement des décisions et actes qui ont conduit à la mort de Lumumba.
ETHAN GNOGBO
photos:dr
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