Après une CAN 2025 frustrante à domicile, Walid Regragui démissionne, laissant derrière lui une équipe marocaine en quête de souffle créatif et de renouveau stratégique.
La Fédération royale marocaine de football confie à Mohamed Ouahbi, tacticien aguerri et formateur des U20, la mission délicate de reconstruire un collectif découragé.
La transition s’inscrit dans un contexte où les Lions de l’Atlas doivent concilier rigueur tactique, créativité offensive. De même qu’attentes populaires plus exigeantes que jamais.
Fragilisé par une presse impitoyable et des supporters impatients, Regragui quitte le navire. Laissant une équipe en quête de repères stratégiques et psychologiques durables.
Son mutisme face aux médias reflétait une tension accumulée. Conséquence directe d’un scrutin tactique permanent et de critiques virulentes sur chaque choix de composition.
Durant la CAN, le Maroc a offert un football manquant de verticalité, de dynamisme et d’inventivité. Incapable de sublimer ses qualités intrinsèques.
L’entraîneur a tenté des ajustements tardifs, mais un collectif vieillissant et physiquement émoussé n’a jamais réussi à retrouver fluidité et réactivité dans le jeu.
Les cadres alignés, Romain Saïss, Amrabat et Azzedine Ounahi, ont montré leurs limites physiques et tactiques, ne parvenant pas à tenir le rythme d’un tournoi africain exigeant.
La critique a également pointé l’absence d’intégration des jeunes U20 et U17.
Pourtant auréolés de succès, prouvant qu’un renouvellement générationnel était indispensable et stratégique.
Même lors des matchs amicaux, le collectif marocain n’a pas convaincu. Révélant un déficit de créativité, un pressing intermittent et une attaque prévisible face à des adversaires abordables.
La presse et le public ont dénoncé un jeu sans profondeur, une construction trop lente. Ils ont également dénoncé des transitions incapables de surprendre les défenses adverses organisées.
Après son exploit historique au Mondial 2022 au Qatar, Regragui avait élevé le curseur tactique et placé l’équipe marocaine parmi les favoris, suscitant enthousiasme et espoir national.
L’opinion publique espérait sa continuité, estimant que la consécration à la CAN 2023 devait couronner ses méthodes et son leadership inspirant.
Cependant, l’élimination prématurée avant les quarts de finale a provoqué un ressentiment massif. Rendant sa démission psychologiquement et médiatiquement inévitable.
Le départ de Walid Regragui clôt un cycle passionné. Laissant une équipe marocaine en introspection, prête à réinventer son identité tactique et son style offensif.
ERIC OULLA, MARRACKECH
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

