N’guema. Il ne jure pas sur les réseaux sociaux

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Face à la contestation sociale et à une crise économique profonde, Libreville suspend temporairement les réseaux sociaux pour préserver stabilité et unité nationale.

La Haute Autorité de la communication gabonaise a annoncé mardi 17 février la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire.

Jean-Claude Mendome, porte-parole de la HAC, a justifié cette mesure en raison de contenus haineux, diffamatoires et susceptibles d’engendrer des conflits sociaux.

Élu avec 94,85 % des voix le 12 avril 2025, Brice Oligui Nguema fait face à sa première contestation sociale majeure depuis son accession.

Depuis janvier et février 2026, des grèves prolongées d’enseignants ont paralysé plusieurs établissements, aggravant le mécontentement populaire dans les grandes villes gabonaises.

La HAC dénonce également la propagation de fausses informations et le cyberharcèlement, tout en pointant l’absence de contrôle effectif sur certaines plateformes numériques.

Malgré un territoire riche en pétrole et manganèse, le Gabon présente un taux de chômage des jeunes de 37 %, selon la Banque mondiale en 2025.

Les infrastructures publiques restent insuffisantes : pannes récurrentes d’électricité, ruptures d’eau potable et incidents ferroviaires fréquents fragilisent le quotidien des populations urbaines.

En décembre 2025, l’agence Fitch a abaissé la note souveraine du Gabon à CCC−, signalant un risque financier majeur et une solvabilité compromise dans le futur proche.

La dette publique totale du pays est estimée à 80,4 % du PIB en 2025 et pourrait dépasser 87 % d’ici 2027 si aucune réforme structurelle n’est engagée.

Arrivé au pouvoir après le putsch d’août 2023 contre Ali Bongo, Brice Oligui Nguema tente de consolider son autorité face à une opposition sociale de plus en plus visible.

Le porte-parole de la HAC a insisté sur les dangers des contenus numériques pour la cohésion sociale, la dignité humaine et la stabilité des institutions publiques.

Cette suspension vise aussi à limiter la diffusion non autorisée de données personnelles, dont l’exploitation pourrait déstabiliser davantage l’administration publique gabonaise.

Cependant, plusieurs plateformes restaient accessibles la nuit suivant le communiqué, révélant l’inefficacité partielle de cette mesure de contrôle et de surveillance étatique.

Libreville et les grandes villes subissent des tensions quotidiennes amplifiées par la pauvreté, la précarité et une inflation persistante, exacerbant le mécontentement populaire.

Des experts en gouvernance alertent sur les risques d’une mesure punitive, qui pourrait renforcer le ressentiment populaire plutôt que restaurer la confiance institutionnelle.

Le contexte économique demeure préoccupant, avec un PIB stagnant et des besoins sociaux non satisfaits malgré l’abondance des ressources naturelles du pays.

Brice Oligui Nguema, conscient des tensions, cherche à préserver son image de dirigeant stable tout en affirmant son contrôle sur les institutions nationales.

La capacité du gouvernement à gérer la contestation sociale, moderniser les infrastructures et restaurer la confiance citoyenne conditionnera l’avenir immédiat du Gabon.

Cette décision illustre la fragilité institutionnelle du pays et la complexité des défis sociaux, économiques et politiques auxquels il doit faire face urgent.

FATEM CAMARA

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE 

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