À l’occasion de la rentrée solennelle 2025-2026 de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures d’Afrique et des Diasporas Africaines (ASCAD), le Dr Eugène Aka Aouélé, Président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), a salué le rôle stratégique du savoir scientifique, en particulier des mathématiques, dans la consolidation de l’ambition de développement et de souveraineté de la Côte d’Ivoire.
Nous vous proposons son allocution corrigée.
ALLOCUTION DU DR EUGÈNE AKA AOUÉLÉ
PRÉSIDENT DU CESEC
Rentrée solennelle 2025-2026 – ASCAD
Abidjan, le 19 février 2026
C’est avec plaisir que je prends part à la rentrée solennelle 2025-2026 de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures d’Afrique et des Diasporas Africaines (ASCAD).
Il y a quelques mois, précisément le 30 mai 2025, j’ai eu l’honneur de représenter le Parrain de la cérémonie d’attribution des Prix de l’ASCAD, Monsieur le Premier Ministre Robert Mambé Beugré, empêché en raison de contraintes majeures.
Aujourd’hui encore, je me réjouis d’être parmi vous, membres de cette auguste institution qui incarne l’excellence scientifique et culturelle de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et des diasporas africaines.
Je vous adresse mes remerciements pour l’honneur que vous me faites d’assurer le parrainage et la présidence de cette cérémonie. Placée sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur le Vice-Président de la République, Monsieur Tiémoko Meyliet Koné.
Cette sollicitation honore également le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel que j’ai le privilège de présider.
Elle témoigne de la confiance et de l’attention accordées à cette institution appelée à contribuer activement au développement et à la cohésion de notre pays.
Par ailleurs, il convient de souligner que le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel et l’ASCAD échangent régulièrement sur des problématiques essentielles. Afin de permettre à la Chambre consultative ivoirienne de bénéficier de l’expertise de cette société savante.
Je voudrais rappeler que nous examinons, depuis quelques années, à la sollicitation du Sénat, un sujet d’importance : l’orpaillage illégal. Les premiers résultats ont été présentés par l’ASCAD et cette étude suit son cours. Je me réjouis de cette coopération et souhaite qu’elle s’affermisse et s’étende à d’autres préoccupations majeures. Touchant à la vie de la Nation.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais saluer les Présidents d’institutions ou leurs représentants. Et apprécier le grand intérêt qu’ils accordent à cette cérémonie et, partant, à cette académie du savoir qu’est l’ASCAD.
Je ne manquerai pas de saluer les membres du Gouvernement ici présents.
Il me convient également de saluer Monsieur le Président de l’ASCAD, le Professeur Aké N’Gbo. Et d’apprécier l’excellent travail qu’il accomplit à la tête de cette société savante.
J’associe à cette marque d’attention Monsieur le Vice-Président, le Professeur Yacouba Konaté.
Je voudrais également saluer l’ensemble des Éminents Académiciens.
Merci pour votre précieuse contribution au développement de la Nation et pour votre engagement à bâtir la notoriété de cette société savante.
Je n’oublie pas de saluer les membres du personnel administratif et technique pour leur appui aux activités de l’ASCAD.
Par ailleurs, il m’est particulièrement agréable de reconnaître, dans cette auguste assemblée, les visages de formateurs émérites et de maîtres illustres. Qui, par l’excellence de leur enseignement, la fécondité de leurs recherches et la noblesse de leur engagement, ont élevé notre pays au rang de terre de savoir. De culture et d’excellence, respectée en Afrique et dans le monde.
Je salue enfin toutes celles et tous ceux qui ont fait le déplacement pour vivre ces moments importants de la vie de l’ASCAD.
Monsieur le Président de l’ASCAD,
Vous avez exprimé la gratitude de l’ASCAD au Chef de l’État. Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République, relativement à la satisfaction des doléances de votre Académie. Je me ferai fort de lui transmettre l’expression de votre reconnaissance.
Je demeure profondément convaincu que la Côte d’Ivoire, pour consolider son ambition de prospérité partagée, doit ériger la réflexion stratégique, la recherche scientifique et la valorisation de la culture en leviers essentiels de la mise en œuvre de la haute vision présidentielle.
Celle-ci reste fondée sur la construction d’« une Grande Côte d’Ivoire », socle du nouveau contrat social et cadre structurant de notre marche vers l’émergence durable, la transformation structurelle de l’économie et le renforcement de la cohésion nationale.
C’est précisément en raison de cette responsabilité éminente que le Président de la République accordera toujours sa confiance à votre société savante. Et lui apportera son haut appui, fort de ce que l’intelligence collective, la rigueur scientifique et la profondeur culturelle constituent des forces stratégiques indispensables à la réussite de notre ambition nationale.
Mesdames et Messieurs.
Le Président de l’Académie, dans son propos, rappelait l’importance de la présente cérémonie qui dépasse le cadre d’une rencontre purement académique. Je voudrais, à sa suite, relever que si cette rentrée solennelle est un moment de réflexion collective permettant d’apprécier les activités menées pour contribuer réellement au développement socio-économique de la Nation, elle constitue également un temps majeur de la vie intellectuelle nationale.
C’est un espace privilégié où l’on jette un regard rétrospectif sur le passé. Où l’on interroge le présent et où l’on scrute l’avenir à la lumière du savoir, comme le souligne le thème choisi : « Les Mathématiques : investir dans l’abstrait pour bâtir la prospérité ».
Dans la trajectoire de tout pays aspirant au progrès durable, la pensée occupe une place fondatrice. Nous le savons. Le développement repose d’abord sur la capacité d’une société à élever le savoir. A structurer la réflexion et à anticiper les mutations du monde contemporain.
Une Nation ne peut durablement prospérer sans mobilisation constante de son capital intellectuel.
Et c’est dans la clarté des idées, la rigueur de la recherche et la fécondité de la culture que se forge la solidité des nations.
C’est également par ces valeurs que les politiques publiques gagnent en efficacité. Nourries par l’analyse scientifique, la rigueur méthodologique et la profondeur culturelle.
C’est là que réside la mission essentielle d’une académie du rang de l’ASCAD. Institution d’excellence, conscience critique, force de proposition et autorité morale. Ce réceptacle du savoir met en dialogue sciences, arts et cultures. Pour apporter des réponses globales aux défis complexes de notre temps.
Cette rentrée solennelle est donc un acte de responsabilité et d’espérance. Responsabilité, car elle rappelle l’obligation des élites intellectuelles de mettre leur savoir au service du bien commun. Espérance, car elle réaffirme que la pensée demeure le levier le plus sûr pour accompagner la transformation de notre pays.
Mesdames et Messieurs.
J’ai particulièrement apprécié le choix éclairé de l’ASCAD de consacrer ses travaux à l’importance des mathématiques. Discipline fondamentale et transversale, au cœur de toutes les avancées scientifiques et technologiques. En mettant en lumière la désaffection d’une partie de notre jeunesse pour cette science exigeante, l’Académie pose avec lucidité une question stratégique pour l’avenir de la Nation. Le fait que cette thématique ait mobilisé l’ensemble des domaines de l’ASCAD. Tout au long de l’année 2025 témoigne de son caractère prioritaire et structurant.
Pour cette rentrée solennelle, l’éminent Professeur Saliou Touré, haute figure des mathématiques en Côte d’Ivoire. En Afrique et dans le monde, a offert une magistrale conférence inaugurale sur le thème : « Les Mathématiques : investir dans l’abstrait pour bâtir la prospérité ». Il faut reconnaître qu’il n’était pas de voix plus autorisée ni de conscience scientifique plus légitime pour éclairer un sujet d’une telle portée.
Cher Professeur, je tiens à vous adresser mes chaleureuses félicitations. P°our la densité, la clarté et la profondeur de votre exposé.
Vous nous avez rappelé que les mathématiques ne sont pas une simple matière scolaire.
Elles sont une école de rigueur, une discipline de l’esprit, une grammaire de la pensée structurée.
Votre intervention nous permet de mieux comprendre pourquoi le Président Félix Houphouët-Boigny avait fait des sciences, et particulièrement des mathématiques, un pilier de la formation de l’élite ivoirienne. Visionnaire, il avait saisi très tôt que la maîtrise des sciences exactes constitue un levier important de souveraineté, d’innovation et de développement.
Vous nous avez également montré que les mathématiques, par leur capacité à modéliser les phénomènes économiques, sociaux et technologiques, permettent d’interpréter l’histoire, d’analyser le présent et d’anticiper l’avenir. La rigueur logique qu’elles imposent, la culture de la démonstration qu’elles développent, l’exigence d’écriture et de formalisation qu’elles requièrent en font un langage universel.
Vous avez rappelé, en substance, que ce sont les mathématiques qui ont permis aux nations avancées de structurer leur croissance. De planifier leurs politiques publiques, d’innover dans l’industrie, la finance, la médecine, les technologies numériques et l’intelligence artificielle. Là où la pensée mathématique est valorisée, la prospérité trouve un terreau fertile.
Mesdames et Messieurs.
Aujourd’hui plus que jamais, les mathématiques irriguent notre quotidien. Elles sont présentes partout, organisent nos interactions numériques et sont devenues le langage discret mais omniprésent de la modernité. Il est donc impératif que nos écoliers, collégiens, lycéens et étudiants ne se contentent pas d’entendre cette langue : ils doivent l’apprendre, la comprendre et la maîtriser. Ignorer le langage mathématique, c’est s’exposer à être simple consommateur de technologies conçues ailleurs, plutôt qu’acteur et créateur de solutions adaptées à nos réalités.
C’est en cela que je vous encourage, chers immortels, à poursuivre vos réflexions sur les mécanismes susceptibles de raviver l’intérêt des jeunes pour les mathématiques. A travers des réformes pédagogiques appropriées, la valorisation des carrières scientifiques, l’accompagnement des enseignants, la vulgarisation scientifique. Et la mise en lumière de modèles de réussite. Il s’agit là d’un enjeu national.
Mesdames et Messieurs.
Je voudrais assurer que, sur le chemin des réformes nécessaires pour hisser et améliorer durablement le niveau de la pratique mathématique dans notre pays, le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel prendra toute sa part. Notre institution demeure disponible pour accompagner, soutenir et promouvoir toute initiative. Visant à renforcer l’excellence scientifique et la formation de notre capital humain.
Avant de conclure, je tiens à rassurer les membres de l’ASCAD que je transmettrai fidèlement à Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara. Président de la République, les messages dont vous m’avez chargé.
Je souhaite à toutes et à tous une bonne et fructueuse année académique 2025-2026.
Je vous remercie.
Dr Eugène Aka Aouélé
EUGÈNE AKA AOUÉLÉ
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

