Dette américaine : pourquoi les investisseurs étrangers continuent d’acheter malgré la volatilité en 2025

2 semaines

Les bons du Trésor américain restent un refuge sûr pour les investisseurs internationaux, malgré la volatilité financière et les tensions géopolitiques persistantes.

« Une dette nationale, si elle n’est pas excessive, sera pour nous une bénédiction nationale. » – Alexander Hamilton (1757-1804).

Chaque année, les États-Unis émettent davantage de bons du Trésor pour financer leur déficit budgétaire croissant de manière continue et prévisible.

Ces titres de dette sont achetés par des investisseurs nationaux et étrangers, atteignant un montant record de neuf mille quatre cents milliards de dollars.

À eux seuls, les pays européens détiennent près de quarante pour cent de la dette américaine possédée par des investisseurs étrangers en 2025.

Qu’est-ce qui explique cette appétence pour la dette publique américaine ?

Lorsque les investisseurs sont effrayés et que les marchés actions chutent, les obligations gagnent souvent en attractivité pour leur sécurité relative.

De nombreux investisseurs considèrent les bons du Trésor américain comme un port sûr en cas de crise financière mondiale ou économique majeure.

Si la baisse des marchés boursiers reflète un malaise économique, les investisseurs anticipent une réduction probable des taux d’intérêt par la Fed.

Ces deux facteurs combinés expliquent pourquoi les obligations de haute qualité, particulièrement les bons du Trésor américain, restent un refuge fiable.

TOP 20 des pays et territoires détenteurs de bons du Trésor américain en 2025

Le Japon est le premier détenteur étranger, avec 1 202,6 milliards de dollars, enregistrant une hausse de onze pour cent sur l’année.

Le Royaume-Uni occupe la deuxième place, possédant huit cent quatre-vingt-huit milliards de dollars, soit une augmentation de seize pour cent annuelle.

La Chine conserve la troisième position, avec six cent quatre-vingt-deux milliards de dollars, enregistrant une croissance modeste de onze pour cent seulement.

La Belgique, quatrième, détient quatre cent quatre-vingt-un milliards de dollars, représentant une croissance remarquable de trente-trois pour cent par rapport à 2024.

Le Canada se classe cinquième, avec quatre cent soixante-douze milliards de dollars et une progression importante de vingt-sept pour cent annuelle.

D’autres pays européens, tels que la France, l’Irlande et la Norvège, ont renforcé leurs positions sur les bons du Trésor américain.

À l’inverse, les pays BRICS, dont le Brésil et l’Inde, ont fortement réduit leurs avoirs en bons du Trésor américain pendant l’année 2025.

La part de l’or dans les réserves des banques centrales mondiales a dépassé celle des bons du Trésor américain, une première depuis 1996.

Les alliés traditionnels des États-Unis ont poursuivi l’accumulation de bons du Trésor, tandis que d’autres ont diversifié leurs investissements pour des raisons géopolitiques.

Que peut-on retenir ?

Les avoirs étrangers en bons du Trésor américain ont atteint un niveau record de neuf mille quatre cents milliards de dollars en novembre 2025.

Les avoirs du Japon ont progressé de onze pour cent sur un an, totalisant désormais un montant historique de mille deux cents milliards de dollars.

Le Canada a vu ses achats bondir de vingt-sept pour cent, portant le total des bons du Trésor détenus à quatre cent soixante-douze milliards de dollars.

Malgré la volatilité, la dette américaine demeure un instrument privilégié par les investisseurs pour diversifier leur portefeuille et sécuriser leurs avoirs internationaux.

CAMUS BOMISSO

photo:dr

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