Présentée comme artère vitale du Nord, cette route stratégique se dégrade vite, exposant usagers, économie régionale, et gouvernance publique.
Annoncé comme le moteur du désenclavement du Grand Nord ivoirien, l’axe Odienné-Boundiali, bitumé entre 2016 et 2019, se fissure.
Cette route stratégique, longue de plus de cent trente kilomètres, montre des plaies précoces qui interrogent populations, experts, autorités.
Nids-de-poule, crevasses profondes et affaissements successifs transforment la chaussée en parcours dangereux, quotidien pour transporteurs, voyageurs, commerçants locaux réguliers.
Dans le Denguélé, l’incompréhension domine, car une infrastructure récente ne devrait pas vieillir aussi vite sans explication technique crédible.
Réalisés sur trois années, les travaux portaient l’espoir d’une route durable, structurante, protectrice pour l’économie régionale et la mobilité.
Aujourd’hui, l’absence de réception définitive des travaux nourrit soupçons, flous contractuels et interrogations sur l’activation réelle des garanties légales.
Sur le bitume, les manœuvres d’évitement imposées multiplient les risques d’accidents, sorties de route, collisions frontales parfois mortelles évitables.
Chaque trou devient une épreuve mécanique accélérant l’usure des pneus, suspensions, essieux, grevant lourdement les revenus des transporteurs locaux.
La chaleur extrême du Nord accentue ces chocs, fragilise les matériaux et transforme la route en piège thermique permanent.
Au-delà du confort, c’est la crédibilité de la politique d’infrastructures publiques qui vacille face à cette dégradation rapide visible.
Les populations interpellent AGEROUTE, demandant audit technique indépendant, responsabilités claires et réparations urgentes avant les pluies destructrices imminentes annoncées.
Sans réaction rapide, l’axe Odienné-Boundiali risque de redevenir symbole d’abandon, frein économique, et promesse publique trahie par le bitume.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
