22 janvier: Mamadou Koulibaly, un quart de siècle

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Le 22 janvier 2001, Mamadou Koulibaly accédait à la présidence de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Vingt-cinq ans plus tard, son passage à la tête de l’hémicycle demeure une référence institutionnelle.

Le 22 janvier 2025 rappelle le quart de siècle écoulé depuis l’entrée de Mamadou Koulibaly dans l’hémicycle ivoirien comme président.

Alors que Patrick Achi occupe aujourd’hui ce même espace institutionnel après Adama Bictogo, l’histoire convoque le souvenir de 2001.

Ce 22 janvier-là, Mamadou Koulibaly succédait à Émile Atta Brou, incarnant une rupture intellectuelle et institutionnelle dans l’Assemblée nationale.

Économiste libéral formé à Aix-Marseille III, il apporta méthode, rigueur et liberté de ton à une institution souvent soumise.

Ministre de l’Économie et des Finances sous Guéï puis Gbagbo, il géra une période charnière avec orthodoxie budgétaire assumée.

Reconduit sous la Deuxième République, il fut également porte-parole gouvernemental, respecté pour son indépendance face aux pressions politiques multiples.

Élu député de Koumassi en décembre 2000, il conservera ce mandat plus de dix années malgré crises et turbulences nationales.

À la tête de l’Assemblée nationale durant onze ans, il fit de l’hémicycle un lieu de débats réels.

S’autorisant même de critiquer son propre parti.

Membre du Front populaire ivoirien, il y défendit une ligne libérale exigeante, souvent minoritaire mais intellectuellement cohérente assumée.

Après la crise postélectorale, il assura brièvement l’intérim du FPI avant de rompre définitivement avec l’appareil partisan.

Avec ses poulains Yacourwa Koné et le Dr Paul Agoubli, il anima LIDER, projet politique alternatif.

Liberté et Démocratie pour la République portait alors l’espoir d’un engagement citoyen fondé sur responsabilité et courage civique.

Mais brutalisé par le pouvoir en place, Mamadou Koulibaly constata la passivité et l’indifférence des Ivoiriens.

Déçu par l’absence de mobilisation populaire face à l’injustice subie, il choisit progressivement de se retirer de la politique.

Ce 22 janvier 2025 interroge ainsi la mémoire nationale, entre grandeur institutionnelle, désillusion démocratique et silence citoyen persistant.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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