17 janvier: Paul Yao Akoto, 24 mois de silence

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Deux ans après sa disparition, Pouvoirs Magazine salue Paul Yao Akoto, intellectuel d’État, écrivain discret et serviteur politique de l’éducation ivoirienne.

Il est né à Sakassou en avril 1938 dans une Côte d’Ivoire coloniale déjà promise à l’école nationale future.

De Béoumi à Issia puis Adzopé l’enfant comprend très tôt que le savoir trace des chemins durables pour tous.

Admis au cours normal de Daloa il apprend la discipline, la rigueur et aussi la patience. Ce sont les fondamentaux silencieux des intelligences africaines futures.

A Dabou puis à Paris il gravit les marches exigeantes menant à l’École normale supérieure française prestigieuse formatrice décisive.

Normalien à Saint Cloud il découvre que la science peut émanciper des peuples entiers durablement par l’éducation publique éclairée.

Premier ivoirien agrégé de biologie il revient transmettre convaincu que former vaut mieux que briller socialement humainement.

A l’École normale supérieure d’Abidjan il enseigne avec exigence portant la connaissance comme responsabilité nationale morale collective constante partagée.

Conseiller puis directeur il entre dans l’État sans renoncer à l’éthique patiemment construite par l’école publique ivoirienne moderne et exigeante.

Ministre de l’Éducation nationale pendant douze années il pense l’école comme socle de nation indépendante souveraine.

Compagnon de Houphouët Boigny il sert l’État sans tapage.

Préférant bâtir plutôt que dominer politiquement institutionnellement sobrement longtemps loyalement.

Vice président de l’Assemblée nationale il défend le débat républicain avec retenue et une constance démocratique ivoirienne.

Au sein de l’UNESCO et du CAMES il porte l’Afrique éducative sur la scène mondiale avec dignité compétence vision.

Écrivain discret il confie à la littérature ce que la politique ne peut dire sur l’âme ivoirienne intime et profonde.

Dans L’Envol des tisserins il célèbre l’effort patient et l’espérance africaine fragile.

Ses chroniques historiques réparent la mémoire et rappellent que l’école précède toujours la nation moderne consciente organisée souveraine durablement.

Ambassadeur en Afrique du Sud puis acteur politique il traverse des partis celui d’Houphouët et celui de Guéi. Sans renier principes républicains éducatifs intellectuels constants fondamentaux.

Paul Yao Akoto aimait le savoir comme on aime une promesse silencieuse tenue envers la jeunesse ivoirienne africaine future.

Deux ans après son départ son héritage demeure vivant dans chaque école ouverte par l’exigence la transmission et la liberté.

MARIE GNIALET

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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