Mort du prophète Francis Moné. Ce que son père spirituel avait dit

4 semaines

La disparition du prophète Francis Moné, survenue dans la nuit du 23 au 24 décembre 2025 à la suite d’un arrêt cardiaque, a frappé ses fidèles comme un coup de tonnerre.

Pourtant, pour ceux qui observaient de près son rythme de vie, son départ n’a rien d’une surprise totale. Il était redouté. Pressenti. Parfois même évoqué à demi-mot.

Fondateur de la Cité de Gloire, Francis Moné portait un ministère d’une intensité rare. Hyper sollicité, il ne s’accordait presque aucun répit. Son père spirituel lui avait pourtant recommandé de lever le pied. Il avait insisté de se préserver, de laisser son corps se reposer. Mais l’homme cédait toujours à la pression spirituelle et humaine. Après des cultes durant parfois cinq heures dans chacun de ses deux temples, à Marcory et à la Riviera Triangle, il acceptait encore de longues files de fidèles venus exposer maladies, détresses familiales, blocages sociaux ou administratifs.

Aux yeux de nombreux croyants, Francis Moné était devenu plus qu’un pasteur : il incarnait l’ultime recours. On lui attribuait des guérisons dites impossibles, des délivrances, des naissances attendues, des visas obtenus, des promotions espérées, des mariages arrachés au désespoir. Dans une société où l’angoisse sociale demeure vive, cette attente constante l’a placé au centre de toutes les urgences.

une foule folle de son prêche

Le départ annoncé d’un homme sans repos

Certains murmuraient même qu’il avait fini par « remplacer Dieu », tant on exigeait de lui des réponses immédiates.

Durant la crise postélectorale de 2011, il prêchait déjà au rond-point de Port-Bouët, au carrefour de l’océan, affrontant la peur collective par la parole. Ce zèle ne l’a jamais quitté. Du lycée moderne de Port-Bouët, où ses anciens camarades se souviennent encore de son ardeur, jusqu’aux grandes veillées internationales comme la Nuit de la Prophétie à Gennevilliers, il ne s’est jamais ménagé.

Ironie troublante du calendrier : dans son dernier direct, il affirmait que « les sorciers de ton village ne t’auront pas avant la fin de l’année ». Il se préparait à conduire spirituellement ses fidèles vers 2026. Mais son corps, épuisé par des années de surmenage, a cédé.

Aujourd’hui, la douleur est immense. Certains fidèles disent ne plus trouver de sens à la vie. D’autres veillent, prient, espèrent encore. Pourtant, son départ semble aussi poser une question essentielle : jusqu’où peut-on porter les fardeaux des autres sans se perdre soi-même ?

Francis Moné est mort comme il a vécu : en servant sans compter. Son départ, aussi brutal soit-il, apparaît rétrospectivement comme le cri silencieux d’un corps longtemps ignoré. Sa mémoire demeure, mais elle appelle désormais à la réflexion, au discernement et à la responsabilité collective

MARIE GNIALET

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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