Le journaliste Théophile Kouamouo dénonce une initiative attribuée à Tené Birahima Ouattara, qu’il assimile à une tentative d’achat de votes.
Il pointe aussi une instrumentalisation préoccupante des institutions publiques pendant la campagne électorale à Abobo.
Pour Théophile Kouamouo, le paiement de cotisations d’assurance maladie par un candidat constitue clairement un achat de conscience électorale.
Il estime que cette pratique relève de l’achat de votes et pose un grave problème du point de vue moral.
Selon lui, une telle démarche est politiquement contestable et porte atteinte aux principes fondamentaux de la démocratie.
Le journaliste affirme avoir évalué le coût global de l’opération annoncée par le candidat Tené Birahima Ouattara.
La carte d’assurance maladie coûterait mille francs CFA par mois et par personne concernée.
Sur une année, cela représenterait douze mille francs CFA par bénéficiaire potentiel à Abobo.
Dans cette commune, la population dépasse un million trois cent quarante mille habitants selon les estimations disponibles.
Même en retenant un chiffre minimal de cent mille femmes concernées, la somme devient considérable.
Le coût total atteindrait au moins un milliard deux cents millions de francs CFA pour une année.
Théophile Kouamouo s’interroge sur l’origine des ressources financières permettant de financer une telle opération.
Il soulève également la question de l’implication d’agents publics dans une campagne électorale partisane.
Le point focal de la couverture maladie universelle serait, selon lui, utilisé à des fins politiques.
Or, cette institution de l’État ne devrait en aucun cas servir de relais pour un candidat.
Le journaliste rappelle que les agents publics ne sont pas des rabatteurs électoraux.
Il considère cette situation comme un mauvais coup porté à la citoyenneté et à la confiance publique.
Qui est Théophile Kouamouo
Né le 21 juin 1977 à Charleville-Mézières, Théophile Kouamouo est journaliste, blogueur et essayiste franco-camerounais.
Il a été correspondant du journal Le Monde en Côte d’Ivoire pendant plusieurs années. Puis Directeur de « Le temps » et de « Le courrier d’Abidjan »
Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique subsaharienne, il est reconnu pour ses analyses politiques critiques.
Il est titulaire d’une licence en lettres et sciences humaines de l’université Nancy-II.
Il est également diplômé de l’École supérieure de journalisme de Lille depuis 1999.
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
