À travers une plume ironique et sans concession, l’auteur Almamy Sylla s’interroge sur une tenue des Éléphants. Tenue jugée déplacée, confuse et inutilement spectaculaire. On le lit.
« J’ignore quelle muse capricieuse a soufflé l’idée d’arborer des manteaux — pardon, des capes royales — en pleine Coupe d’Afrique. Qui plus est au Maroc, pays réputé pour la générosité de son soleil et la relative clémence de ses températures.
Il est généralement de bon ton de rappeler que les goûts et les couleurs ne se soumettent guère au débat public. Les coups et les douleurs, eux non plus, ne sauraient raisonnablement appeler la controverse.
À l’évidence, des claques auraient dû être dispensées, non par goût de la brutalité.
Mais à titre de salutaire rappel à l’ordre esthétique et au bon sens le plus élémentaire. Il est, en effet, des égarements qui, à force de vouloir s’imposer comme audaces, frisent l’absurde et confinent au ridicule assumé.
Lorsque la raison abdique, que la mesure se retire et que l’esprit critique se met en congé, il ne reste plus que une sanction. La sanction symbolique, ferme, sonore et mémorable, pour rappeler que toute fantaisie n’est pas synonyme de génie. Et que l’excentricité, lorsqu’elle n’est ni pensée ni maîtrisée, devient une offense faite à l’intelligence collective. »
Almamy Faciné Sylla
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
