La communauté de Mondoukou s’est rassemblée en nombre pour honorer la mémoire de Niangué Eudes Gnoan. Une organisation minutieuse, portée par les notables, les enseignants et la famille, a donné à ces funérailles un éclat digne de son rang et de son engagement au service de l’école.
Les funérailles de Niangué Eudes Gnoan ont véritablement pris leur envol. Entrant dans une phase plus dense et plus symbolique. Dès 17 h, les rencontres vespérales ont débuté au rythme des arrivées successives de parents. D’amis aussi, collègues et notables venus rendre hommage à l’illustre disparu. Ces moments de recueillement se sont prolongés jusqu’à 20 h, dans une atmosphère chargée d’émotion mais empreinte de dignité.
Au centre de l’espace cérémoniel, une chapelle a été dressée, soigneusement aménagée. Sur un tapis rouge trône la photo du défunt, installée au bas de l’autel, comme pour prolonger sa présence parmi les siens. Autour d’elle, les veuves se tiennent assises, vêtues de leurs habits de deuil, encadrées par les femmes de la notabilité et des parentes venues les soutenir. Le murmure des condoléances se mêle aux chuchotements des prières.
Un peu plus loin, les hommes ont pris place, affligés mais dignes, comme le veut la tradition du village. Parmi eux se distingue la silhouette du chef Nana Prosper Tanoé Ndédé. Marqué par la peine, il a perdu son grand frère, mais il se montre sans masque, fidèle à son devoir : accompagner le défunt jusqu’à sa dernière demeure avec honneur et sobriété.
Sa présence silencieuse est un témoignage puissant de respect et d’amour fraternel.
Tout au long de la soirée, une kyrielle d’enseignants a défilé pour saluer la mémoire de celui qui fut leur collègue et ami. Des chefs de village voisins sont également arrivés, apportant leur réconfort aux habitants de Mondoukou et partageant une douleur devenue collective. C’est toute une région qui semble s’être déplacée pour pleurer l’homme et célébrer l’éducateur.
L’organisation impeccable de ces moments revient en grande partie au président du comité d’organisation, le commissaire Danouma, dont l’autorité et la rigueur ont permis une coordination sans faille. Les notables, vêtus de rouge et de noir, arboraient des tenues confectionnées selon les codes vestimentaires traditionnels : culottes, pagnes et étoffes amples, taillées avec soin selon les modèles ancestraux du village.
Des chants religieux, interprétés tour à tour par différents groupes, ont envahi les micros. Ils alternaient avec des danses rituelles. Témoignant de la profondeur spirituelle de la cérémonie. Dans cette harmonie entre tradition, douleur et hommage, Mondoukou pleure son fils. Le directeur de l’EPP Vitré 2, homme respecté et figure éducative de référence.
Les condoléances se poursuivront demain avec une affluence attendue encore plus forte. Vendredi marquera une étape cruciale avec la levée de corps à 15 h. Suivie d’une grande veillée funèbre qui se tiendra de 21 h jusqu’à l’aube. L’inhumation, prévue pour samedi matin, viendra clôturer ce long parcours de recueillement et d’hommages.
AK
photo:dr
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