Le parcours d’Olivia dépasse désormais la beauté ou la performance scénique. En quelques semaines, elle est passée du statut de candidate africaine prometteuse à celui de figure internationale.
Non plus capable de rivaliser, mais étant la cible contre qui rivalise les autres candidates. Pour une couronne dont la portée dépasse les frontières et les enjeux esthétiques.
Confiance, technique, élégance, prestance : Olivia a tout maîtrisé.
Le 14 novembre, elle a brillamment passé l’épreuve en maillot de bain, avant d’enchaîner les préliminaires – maillot, robe de soirée, présentation personnelle et interviews. Dans ce dernier passage cité, elle s’est distinguée dans un ensemble trois-pièces composé d’un pantalon, d’un gilet et d’une veste croisée.
Pour le vote du public, l’Afrique – forte de sa démographie, de sa disponibilité et de son hospitalité légendaire – ne plaisante pas. Les fans se mobilisent massivement. Grâce à ce soutien et à ses performances constantes, Olivia intègrera certainement d’abord le Top 20, puis le Top 10 avant le Top 5 le 21 novembre.
Viendra ensuite la question finale, l’étape décisive.
Si elle remporte la couronne, c’est la Danoise Victoria Kjær Theilvig de 5 ans sa cadette qui a célébré son anniversaire avant-hier – mannequin et reine de beauté sacrée Miss Univers 2024 – qui la lui remettra. Theilvig est la première Danoise et la première femme blonde depuis plus de vingt ans à obtenir ce titre. Etudes de commerce et le marketing au lycée Lyngby Handelsgymnasium, avant de devenir danseuse professionnelle. Et de s’engager pour la santé mentale, les droits des animaux et l’entrepreneuriat dans l’industrie de la beauté.
Pendant ce temps, le monde entier tourne désormais son regard vers Olivia. Les médias parlent d’elle, les fans se mobilisent, les juges l’observent. Elle a changé de catégorie. Ce n’est plus une simple candidate africaine : c’est une candidate internationale. Au départ, on la saluait comme une jeune femme magnifique issue d’un pays en développement. Aujourd’hui, on parle d’elle comme d’une finaliste à part entière, sans étiquette, sans réduction. Elle est passée du statut de candidate africaine ambitieuse à celui de véritable menace pour la couronne. Et elle la veut.
C’est à partir de là que tout change : la Côte d’Ivoire mérite-t-elle une telle représentante ? Entrent en jeu les questions de diplomatie, de gouvernance, de droits de l’homme, mais aussi l’image d’un pays considéré comme à risque. Car dans ce type de compétition, le lauréat doit non seulement porter le titre, mais aussi le rehausser.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
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