Originaire du gouvernorat de Nabeul, Saber Chouchane, simple travailleur journalier, est condamné à mort pour avoir osé critiquer Saïed sur Facebook.
Il gérait un compte baptisé “Kaïs le misérable”. Y postant caricatures présidentielles, appels à manifester, libération des détenus politiques, soutien à Ennahda.
Arrêté le 24 janvier 2024, l’affaire passe d’abord par le pôle antiterroriste. Puis finit devant le tribunal criminel de Nabeul, siège de l’accusation capitale.
Son avocat, Oussema Bouthelja, exprime une profonde incrédulité face à ce verdict inédit. Affirmant qu’aucune preuve réelle ne justifie une sentence si extrême.
Les tribunaux tunisiens avaient rarement infligé la peine capitale à un citoyen ordinaire. Et jamais pour simple expression publique sur les réseaux sociaux.
Des ONG appellent immédiatement à l’annulation du jugement.
Craignant que cette décision ne marque le début d’une ère de répression sans frontière.
Amnesty International et Human Rights Watch jugent l’arrêt inique. Utilisant les lois sur le cybercrime pour ériger un mur de silence autour des critiques politiques.
La peine de mort étant suspendue depuis 1991, cette condamnation reste théorique. Mais son effet symbolique terrorise déjà la population.
Pendant ce temps, des responsables d’Ennahda, journalistes, activistes font face à des poursuites similaires sous des lois floues. Ciblant la liberté d’expression.
Cette sentence choquante trace un sillage : elle prévient qu’écorner l’image présidentielle pourrait désormais coûter beaucoup plus que des mots.
Le ministère de la Justice reste silencieux sur le sujet, niant peut-être encore l’ampleur du tollé national et international suscité.
Peuples tunisiens observent, parlent à voix basse : que reste-il de la liberté quand critiquer devient crime capital ?
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

