Marche du 4 octobre : report stratégique ou recul forcé ?

9 mois

À trois jours de la marche annoncée, le PPA-CI rebat les cartes : date décalée, gouvernement pointé du doigt, et ton durci. Report tactique ou bras de fer reporté ?

Le 2 octobre 2025, devant micros tendus et caméras braquées, le Professeur Dano Djédjé annonce un report, mais surtout un avertissement.
Le PPA-CI, appuyé par le PDCI-RDA et l’APDI, refuse la confrontation immédiate, mais pas la confrontation tout court.

Initialement prévue pour le 4 octobre, la marche pacifique devait s’élancer du carrefour Saint-Jean jusqu’aux Deux-Plateaux, armée de pancartes, de slogans et de convictions.
Tout semblait légalement verrouillé, tout était prêt : déclaration officielle déposée, confirmation reçue, militants informés, parcours balisé et logistique mobilisée.

Puis surgit l’étonnante déclaration gouvernementale, niant avoir été informé, comme si les courriers avaient disparu dans un vortex administratif.
Face à cette amnésie sélective, le PPA-CI dénonce une stratégie de brouillage, une tentative grossière d’embrouiller l’opinion en tordant les faits.

Le Conseil national de sécurité frappe fort : toutes les marches interdites, sans appel, sans exception, sans nuance ni dialogue.


Le message est clair : pas de place pour la rue dans la démocratie version CnS, surtout si elle bat au rythme de l’opposition.

Plutôt que de tomber dans un piège grossier et voir leur marche infiltrée, déformée, ou réprimée, les organisateurs choisissent de décaler.
Le 11 octobre devient la nouvelle date du rendez-vous populaire, avec les mêmes revendications, la même énergie, la même volonté.

Ce n’est pas un pas en arrière, clame le professeur Dano Djédjé, mais une préparation mieux affûtée pour frapper plus fort et plus juste.
Il en profite pour lancer une salve contre ce qu’il appelle de « basses manigances » orchestrées pour salir le nom du PPA-CI.

Des individus tapis dans l’ombre, selon lui, prépareraient des actes violents pour les attribuer sournoisement à son mouvement politique.
Le parti s’en lave les mains avec fermeté, martelant sa fidélité à une opposition républicaine, pacifique, vigilante et résolument déterminée.

« Nous ne tomberons pas dans les provocations, nous n’accepterons ni la peur ni les manipulations de ceux qui nous combattent », dit-il.
À ceux qui espéraient un recul, une déroute ou un désistement, le message est donc clair : ce n’est qu’un contretemps tactique.

Le 11 octobre, les rues d’Abidjan pourraient bien de nouveau trembler sous les pas de citoyens qui veulent se faire entendre.
Mais entre fermeté gouvernementale et mobilisation populaire, une autre bataille se dessine : celle du récit, de l’opinion, de la légitimité.

FATEM CAMARA

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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Sous la plume de Ferro M. Bally, éditorialiste confirmé, cette réflexion revient