Lors de la 13e édition de la CGECI Academy, le Premier ministre ivoirien a appelé à l’action immédiate pour concrétiser la souveraineté économique.
Leaders africains, investisseurs et partenaires internationaux ont débattu des leviers de transformation continentale. Place désormais à l’action collective et stratégique, loin des constats passés.
« Le temps n’est plus au diagnostic, le temps est à l’action. » – Robert Beugré Mambé
Un sommet panafricain tourné vers les solutions concrètes et le passage à l’action
La CGECI Academy 2025 s’est ouverte à Abidjan, réunissant les forces vives du secteur privé africain autour d’une ambition claire.
La Confédération des entreprises ivoiriennes a accueilli ses homologues marocains, sénégalais et camerounais pour redéfinir les modèles de développement.
Le Maroc, invité d’honneur, a incarné une dynamique exemplaire d’alliance public-privé, à valoriser dans toute l’Afrique économique émergente.
Beugré Mambé : « Assez de diagnostics, place à une action africaine coordonnée, ambitieuse et structurée »
S’exprimant devant un parterre de décideurs, Robert Beugré Mambé a invité à dépasser les constats pour bâtir des coalitions opérationnelles.
Il a mis en lumière les atouts structurels de la Côte d’Ivoire : croissance constante, finances maîtrisées et investissements orientés productivité.
L’économie ivoirienne affiche une prévision de croissance de 6,5 % en 2025, traduisant sa robustesse face aux chocs globaux.
Le déficit budgétaire reste maîtrisé à 3 % du PIB, pendant que l’inflation et la pression fiscale restent sous contrôle raisonnable.
Infrastructures, agriculture, énergie : les bases d’une souveraineté économique durable sont bien posées
Le Premier ministre a rappelé les progrès réalisés en matière énergétique : la production électrique a doublé entre 2011 et 2024.
Du côté agricole, la production vivrière a atteint 23,6 millions de tonnes en 2024, contre 11,5 millions en 2011.
Ces chiffres traduisent un changement de paradigme où les secteurs primaires deviennent des piliers de souveraineté économique et sociale.
Une coopération Sud-Sud plus stratégique pour un développement autonome et résilient
Le ministre marocain Karim Zidane a défendu le modèle ivoiro-marocain, où le secteur privé devient moteur d’intégration économique continentale.
Les échanges ont souligné que la souveraineté passe par des partenariats structurants, fondés sur la transformation locale des ressources africaines.
Louise Mushikiwabo et Sidi Ould Tah ont souligné l’urgence d’une mobilisation collective pour concrétiser les ambitions africaines en matière économique.
Valorisation des ressources africaines : un défi stratégique au cœur des discussions
Souleymane Diarrassouba a dénoncé le paradoxe africain : 70 % des matières premières partent encore du continent sans aucune transformation.
Il a appelé à une industrialisation soutenue, ancrée dans les ressources locales et tournée vers la création d’emplois durables et qualifiés.
Ahmed Cissé a rappelé que la souveraineté consiste à transformer sur place, décider par soi-même et bâtir un tissu productif solide.
Pour lui, l’Afrique doit sortir du rôle de fournisseur brut pour devenir un continent d’innovations, de chaînes de valeur intégrées.
L’heure n’est plus aux discours ou aux projections, mais à des actions concrètes et coordonnées à l’échelle panafricaine stratégique.
Les solutions sont connues ; les partenariats existent ; les ressources sont là. Ce qui manque, c’est une volonté alignée et courageuse.
JM AHOUSSY
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

