Bitcoins: les Etats qui contrôlent

11 mois

Alors que certains gouvernements répriment la cryptomonnaie, d’autres en accumulent discrètement. États-Unis, Chine, Ukraine… l’or numérique change de main.

En 2025, plusieurs gouvernements détiennent des réserves importantes de bitcoins, parfois acquises légalement, parfois saisies lors d’opérations policières numériques massives.

Les États-Unis dominent avec près de 200 000 BTC, principalement obtenus via des saisies judiciaires dans des affaires liées au dark web.

La Chine suit de près, conservant 190 000 BTC malgré l’interdiction stricte du trading de cryptomonnaies sur son territoire depuis plusieurs années.

Royaume-Uni, Ukraine, Corée du Nord et Bhoutan figurent également dans le classement, avec plusieurs milliers de bitcoins dans leurs trésoreries.

Le Salvador se distingue : seul pays à acheter ouvertement du bitcoin pour soutenir son économie, il détient plus de 6 000 BTC.

Le Bhoutan surprend en apparaissant dans ce top, grâce à ses opérations de minage énergétique discrètes mais intensives dans l’Himalaya.

La Corée du Nord utilise le bitcoin pour contourner les sanctions, via du minage illégal et des cyberattaques ciblant des plateformes numériques.

L’Ukraine, malgré le contexte de guerre, utilise les cryptoactifs pour financer des opérations et sécuriser ses ressources stratégiques.

Les gouvernements ne se contentent plus d’observer la blockchain : ils l’intègrent à leur stratégie financière ou judiciaire, parfois sans transparence.

Au total, ces neuf États détiennent environ 2,5 % de l’offre totale de bitcoins, soit une valeur supérieure à 35 milliards de dollars.

Selon BitcoinTreasuries.net, ces chiffres sont estimés à partir du cours du bitcoin fixé à 118 454 dollars au 31 juillet 2025.

Les États-Unis ont par exemple saisi 144 000 BTC sur Silk Road, site dont le fondateur a été récemment gracié par Donald Trump.

En Chine, les autorités conservent leurs BTC issus de poursuites judiciaires, de fermetures de fermes de minage ou d’enquêtes antifraude majeures.

Réglementations, stratégies géopolitiques ou besoin de diversification : les raisons de ces réserves varient selon le contexte de chaque pays.

Malgré les critiques, les cryptomonnaies deviennent des outils de souveraineté économique ou de résistance face aux sanctions traditionnelles internationales.

Des économies émergentes voient dans le bitcoin une alternative aux devises classiques, surtout en période d’inflation ou de forte instabilité monétaire.

La blockchain rend ces transactions publiques, mais ne dévoile pas toujours qui contrôle réellement ces portefeuilles liés aux gouvernements ou institutions.

À l’avenir, ces détentions pourraient peser lourd sur la gouvernance financière mondiale, en redéfinissant qui contrôle réellement la monnaie numérique.

Le bitcoin, autrefois symbole de rébellion contre l’État, devient paradoxalement une arme économique pour les puissances publiques les plus visionnaires.

CAMUS BOMISSO

photo:dr

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