À huit mois de sa nomination, Nadir Larbaoui est brutalement écarté du pouvoir. L’intérim est confié à un industriel.
Le président Abdelmadjid Tebboune a mis fin aux fonctions du Premier ministre Nadir Larbaoui ce jeudi 28 août.
Aucune explication officielle ne filtre, un simple décret présidentiel annonce ce départ inattendu après seulement huit mois en fonction.
Le ministre de l’Industrie, Sifi Ghrieb, assure l’intérim qui conserve temporairement ses attributions économiques et industrielles.
On n’avait nommé Nadir Larbaoui, ancien avocat et diplomate, chef de gouvernement en novembre 2023.
Il fut aussi ambassadeur, puis représentant de l’Algérie aux Nations unies avant de devenir directeur de cabinet de Tebboune.
Son absence remarquée à une réunion sur les transports après un accident mortel de bus avait créé la polémique.
Le drame du 15 août, impliquant un bus vétuste, a ravivé les critiques sur la sécurité des transports publics algériens.
Les spéculations vont bon train sur une possible sanction déguisée liée à cette gestion jugée distante ou déconnectée.
Le nouveau chef par intérim, Sifi Ghrieb, est un homme du système industriel, proche des milieux économiques stratégiques.
Ancien patron d’Algerian Qatari Steel, il incarne une technocratie liée aux grands projets industriels et aux partenariats étrangers.
La décision de Tebboune, sans justification publique, alimente un climat de suspicion à quelques mois d’échéances électorales importantes.
En toile de fond, le pouvoir cherche peut-être à resserrer les rangs face aux critiques croissantes sur la gouvernance.
Cette éviction soudaine d’un haut responsable rappelle la volatilité de l’équilibre politique au sommet de l’État algérien.
Larbaoui quitte la scène sans un mot. L’État garde le silence. Les Algériens, eux, veulent des comptes et des réponses.
FATEM CAMARA (stagiaire)
photo:dr
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