Du 15 au 24 août, la deuxième édition de l’Abidjan International Dance Camp Festival (AIDCF) a tenu toutes ses promesses.
Organisé par SK Vision Prod, que dirige e chorégraphe ivoirien Serge Koffi basé aux Pays-Bas, le festival est un voyage. Voyage de découvertes des danses afro-contemporaines, destiné à des apprenants européens, asiatiques et américains.
La programmation de cette deuxième édition était alléchante. Entre workshops de danses traditionnelles, coupé-décalé (ancienne et nouvelle génération), Azonto, Ndombolo, Afro House, Biama, danse contemporaine. Puis visites touristiques et culturelles, etc., une dizaine de stagiaires venus du monde entier y ont pris part.
Les ateliers ne sont pas uniquement pratiques. Les coachs, pour la plupart, délivrent de véritables enseignements sur les origines et les fondements des danses abordées. C’est donc en grande partie une immersion studieuse et totale pour ces stagiaires désireux de découvertes culturelles africaines.
« Il est important de venir à la source pour s’imprégner de l’ambiance et de l’univers créatif de ces danses urbaines. C’est utile ensuite pour l’expression que nous en faisons et la culture que nous en tirons… ». Explique la Française Alexia Chiche, stagiaire de cette cuvée 2025 de l’AIDCF, qui a vécu une dizaine de jours riches en émotions et en découvertes.
La visite à Dabou, le jeudi 21 août, dans le village de Grand-Bouboury, fut une étape marquante du périple pour ce groupe d’Occidentaux et d’Orientaux. Plongés dans l’univers vibrant des tambours parleurs de Lathro Pamphile et sa troupe Bream Art — maître dans cet art et véritable attraction touristique et culturelle de cette bourgade. Les festivaliers de l’AIDCF 2 se sont imprégnés de l’authenticité et de l’éthique de ces artefacts culturels africains.
Ces fondements sont à la base des créations afro-contemporaines qu’ils étaient venus découvrir.
« C’est u festival qui incarne l’idée que nous, chorégraphes africains, devons nous unir pour promouvoir l’originalité, les connaissances et le savoir de nos cultures populaires auprès des autres. Cette connexion entre artistes chorégraphes afro-contemporains pour la promotion de nos savoirs aux autres cultures du monde fait l’essence de l’AIDCF », estime le chorégraphe Azonto ghanéen Rich Boy Hero (Richard Aboagye à l’état civil), par ailleurs organisateur de l’Akwaaba Dance Camp à Accra et en Suède, dont l’AIDCF s’inspire en corps et en esprit.
De plus en plus, la culture afro s’impose sur les scènes mondiales. En perpétuel mouvement, novatrices et originales, les danses afro-contemporaines sont devenues des éléments catalyseurs précieux de cette « afrocentricité » culturelle et ethnique.
À travers la diversité de leurs styles modernes, ancrés dans le traditionnel — comme le coupé-décalé, l’Azonto, l’Afro House, etc. — et leurs dynamiques puissantes, c’est toute une influence et une connexion qui se créent autour de ces rythmes.
D’où la grande marge de manœuvre qui s’offre à des événements comme l’AIDCF. À condition, bien sûr, pour les équipes de Serge Koffi de maintenir le standard professionnel qui est désormais le leur.
Aaron LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

