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La Commission d’accès à l’information d’intérêt public et aux documents publics (CAIDP) ne veut plus demeurer une autorité administrative indépendante confidentielle et anonyme.

Elle a frappé un grand coup le 24 avril 2025. Alors que la Commission électorale indépendante (CEI) faisait de la résistance pour répondre aux requêtes du citoyen Gohi Gallet Arnaud Hugues, la CAIDP l’a sommée de lui remettre les documents publics relatifs aux révisions de la liste électorale (RLE) de 2021 et 2023, et ce, dans un souci de transparence.
« Les documents publics sont communicables de droit », a-t-elle intimé à la CEI pour exécution.

Le 25 juillet, la Commission, ne voulant pas s’arrêter en si bon chemin, a sorti le grand jeu lors de la cérémonie de présentation officielle du programme Access CAIDP.
Outre le Premier ministre — parrain de la cérémonie, représenté par le ministre Coulibaly Amadou, porte-parole du gouvernement — étaient présents notamment le Dr Aka Aouélé, président du CESEC, ainsi que les directeurs de cabinet du vice-président de la République et de la présidente du Sénat.

En effet, contrairement à l’ANP, à l’ARTCI ou à la HACA qui régulent un secteur précis, la CAIDP est singulière. Elle ratisse large et dispose d’un champ transversal. Ce champ concerne chaque ministère, chaque collectivité, chaque entreprise investie d’une mission d’intérêt public.

Au demeurant, par la loi n°2013-867 du 23 décembre 2013 relative à l’accès à l’information d’intérêt public et aux documents publics, la Côte d’Ivoire s’est engagée dans le processus universel de consolidation de la bonne gouvernance, de la participation citoyenne, de la démocratie, de la transparence et de la lutte contre la corruption.

De surcroît, l’article 18 de la Constitution du 8 novembre 2016 dispose :


« Le droit d’accès de tous les citoyens à l’information et aux documents publics est un pilier de la démocratie. »

Par conséquent, Mme Konan Payne, présidente de la CAIDP, et son équipe sont déterminées à redonner leurs lettres de noblesse à ces engagements de l’État. Elles se sont engagées à faire de la Commission un outil clé dans le pacte de confiance entre gouvernants et gouvernés, afin de faire de l’accès à l’information une culture institutionnelle et une compétence collective.

Aussi, pour adapter son rôle d’arbitre, de régulation et d’accompagnement à un paysage politique en pleine mutation, la CAIDP entend non seulement se transformer sur le plan organisationnel, mais aussi se doter de moyens techniques et technologiques. D’où le lancement du programme Access CAIDP.

Il s’agit d’un portail numérique (www.caidp.ci) innovant et révolutionnaire. Ce dispositif multi-solutions poursuit cinq objectifs, parmi lesquels :

  • Créer un écosystème de transparence dans la gestion publique ;
  • Moderniser l’accès à l’information et aux documents publics à travers le numérique ;
  • Rendre effectif le droit d’accès à l’information publique en Côte d’Ivoire.

« Informer, c’est gouverner ensemble. Et accéder à l’information, c’est reconnaître chaque citoyen comme acteur du bien commun », a soutenu Mme Konan Payne pour sacraliser le droit à l’information.

C’est pourquoi la loi précitée accorde trente jours pour répondre aux demandes du grand public, et quinze jours, en régime accéléré, pour des groupes spécifiques tels que les chercheurs ou les journalistes.

Il y a néanmoins une ligne rouge à ne pas franchir.
Autant le ministre Coulibaly Amadou a salué « la volonté d’offrir une information publique accessible, rapide et fiable », autant il a posé des balises : les secrets protégés, qui relèvent du domaine du secret défense, comme la raison d’État. Car toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire — ni à savoir.

F. M. Bally

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