Face aux turbulences géopolitiques, aux tensions commerciales et à un monde en polycrise, le VIX, l’indice de la peur, s’envole. Loin d’un simple baromètre technique, il reflète les craintes des investisseurs et l’instabilité globale. Décryptage.
« Ne confondez jamais faible volatilité et stabilité » – Nassim Nicholas Taleb
Un indicateur au cœur de l’incertitude mondiale
Le VIX, ou Volatility Index, mesure la volatilité implicite attendue sur les marchés boursiers américains, notamment le S&P 500.
Son évolution est scrutée de près par les analystes financiers, investisseurs institutionnels et gestionnaires de risques à travers le monde.
En 2025, le VIX a connu une hausse significative liée à une conjonction de facteurs économiques et politiques inquiétants.
Le VIX : définition, mesure et rôle stratégique
Créé par le Chicago Board Options Exchange (CBOE), le VIX est surnommé l’indice de la peur sur les marchés boursiers.
Il reflète la volatilité anticipée sur les 30 jours à venir, à partir des options sur le S&P 500.
Plus le VIX grimpe, plus les investisseurs redoutent des mouvements de marché brutaux à court terme.
Un VIX élevé indique des attentes de volatilité importante et donc un climat de nervosité économique.
Comment le VIX est-il calculé concrètement ?
Le calcul du VIX utilise une moyenne pondérée des prix des options à court terme sur le S&P 500.
Il intègre plusieurs dimensions du risque financier : volatilité implicite, conditions de crédit et niveaux de levier économique.
En complément, la Fed de Chicago publie un indice des conditions financières fondé sur 105 variables macroéconomiques pondérées.
Ces indicateurs fournissent une image complète de la santé des marchés financiers et de leur tension potentielle.
Les causes de la flambée du VIX en 2025
L’année 2025 a débuté sous de fortes tensions géopolitiques, notamment les nouvelles annonces tarifaires de Donald Trump en avril.
Le VIX a rapidement bondi à 60,1, un niveau inédit depuis la crise COVID-19 et les craintes de récession de 2022.
Ces annonces ont alimenté une incertitude accrue, poussant les investisseurs à se couvrir massivement via des options.
Un climat mondial tendu, des taux élevés et une croissance hésitante ont aggravé la perception du risque sur les marchés.
L’évolution du VIX sur la période 2017–2025
Voici un tableau récapitulatif de la volatilité moyenne annuelle enregistrée au cours des huit dernières années :
| Année | VIX moyen |
|---|---|
| 2017 | 11,1 |
| 2018 | 16,6 |
| 2019 | 15,4 |
| 2020 | 29,3 |
| 2021 | 19,7 |
| 2022 | 25,6 |
| 2023 | 16,9 |
| 2024 | 15,6 |
| 2025* | 20,8 |
Les chiffres de 2025 sont arrêtés au 15 juillet et déjà supérieurs à six années sur huit.
Une fin d’année plus calme, mais vigilance maintenue
Depuis son pic en avril, la volatilité s’est progressivement apaisée. Le VIX est redescendu à 16,6 fin juillet.
Cela correspond à une variation anticipée de 1,05 % par jour sur le S&P 500 au cours du mois à venir.
Les marchés semblent s’adapter à la communication agressive de certains dirigeants politiques, mais la prudence reste de mise.
Les analystes restent attentifs au second semestre, qui pourrait réserver de nouveaux chocs exogènes ou tensions financières.
« L’investissement devient stupide si vous redoutez plus la volatilité que la valeur à long terme » – Charlie Munger
Un outil central dans un monde instable
Plus qu’un simple thermomètre du marché, le VIX devient un signal d’alerte dans une économie mondialisée pleine de tensions.
Les investisseurs avertis utilisent cet indice comme baromètre de stress et ajustent leur stratégie en fonction de ses variations.
Face à une année 2025 incertaine, surveiller le VIX revient à prendre le pouls d’un marché sous haute tension.
CAMUS BOMISSO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

