Hier, à Cocody, dans la paisible Cité des Cadres, un incident inattendu est venu perturber la routine sereine de ce quartier réputé pour sa tranquillité.
Achi Edi Gérard est vigile en poste depuis près de trois ans. Un élément des forces de l’ordre l’a giflé, déclenchant l’indignation des habitants. Retour sur les faits.
Une cité sans histoires, jusqu’à ce jour

Située entre l’école de police et l’école de gendarmerie à Cocody, la Cité des Cadres est un quartier résidentiel de 110 villas connu pour son calme. Son organisation et son esprit de solidarité depuis plus de 55 ans. La cohabitation avec les institutions voisines s’est toujours faite dans la bonne entente. Les élèves policiers fréquentant régulièrement la cité pour faire du sport, manger ou parfois même y tisser des relations. Ils l’ont même surnommée « le couloir-ouest ». Un code entre les deux entités.
Mais hier, une altercation a quelque peu terni cette harmonie. Ces événements se sont déroulés entre 12h et 13h
Une intervention malheureuse
Achi Edi Gérard, vigile de service à l’entrée de la cité, effectuait sa ronde habituelle lorsque des policiers. Notamment des éléments de la CRS 1 de Williamsville, ont fait irruption dans la zone. C’était la sortie de quelques élèves, la cité était donc particulièrement animée à ce moment.
C’est alors qu’un véhicule de riverain souhaitait sortir de la cité. Un policier, tournant le dos à la circulation, entravait involontairement le passage. Fidèle à sa mission de sécurité, le vigile Achi Edi a tenté à plusieurs reprises d’attirer son attention :
— « Monsieur, Monsieur… » a-t-il lancé à trois reprises.
Face à l’absence de réaction, il a élevé la voix :
— « Oh, Monsieur ! »
C’est cette dernière interpellation qui a déplu à un autre policier, situé non loin, près d’une marchande.
— « Pourquoi tu cries ‘Oh Monsieur’ à mon collègue ? »
— « Je ne l’ai pas insulté. J’ai juste haussé la voix pour qu’il entende. »
Le ton est monté, et sans autre forme de procès, le policier s’est avancé vers Achi et lui a asséné une gifle violente. Le projetant quelques pas en arrière, heurtant une table de fortune.
ACHI EDI GERARD,VIGILE QUI A ESSUYE UNE CLAQUE EN PLEIN SERVICE
Une cité solidaire, des habitants en colère
Des riverains sont intervenus. Profondément choqués, ils ont exprimé leur solidarité envers le vigile. Calmes mais fermes, ils envisagent de porter plainte contre l’agent qui a eu le temps de s’éclipser. Estimant que ce geste va à l’encontre de la mission de protection dévolue aux forces de l’ordre.
Le chef de poste de l’Ecole de police, présent sur les lieux, a tenté d’apaiser la situation mais n’a pu que constater l’incompréhension générale
— « Ce que vous avez fait n’est pas bien. Il a juste interpellé pour la sécurité de tous. »
Une affaire qui pourrait faire du bruit
L’événement a mis en lumière une tension jusque-là insoupçonnée entre les civils et certains éléments des forces de sécurité. Une enquête pourrait être ouverte si la cité qui a compté et compte des hommes de loi importants décident de déposer officiellement une plainte. En attendant, la confiance est ébranlée, et la cité autrefois paisible espère que justice sera faite dans le respect des droits de chacun.


