Qu’arrive t-il à l’eau salée?

12 mois

Dessalement : comment l’eau salée devient-elle une ressource buvable ? Une technologie stratégique aux coûts encore très inégaux

Transformer l’eau de mer en eau potable, autrefois rêve technologique, devient aujourd’hui une solution vitale pour plusieurs pays souffrant d’aridité extrême.

Le dessalement consiste à séparer les sels dissous de l’eau, grâce à des procédés physiques ou thermiques, très gourmands en énergie.

De plus en plus de pays se tournent vers cette technique, faute de ressources douces suffisantes pour satisfaire leurs besoins croissants.

Quels pays sont les leaders du dessalement ? Un Top 6 révélateur de priorités géopolitiques et climatiques diverses

En première position, l’Arabie Saoudite avec plus de neuf millions de mètres cubes produits par jour à travers ses installations.

Les Émirats Arabes Unis arrivent juste derrière, suivis par les États-Unis, la Chine, l’Espagne et enfin l’Afrique du Sud.

Ces pays utilisent ces capacités pour répondre à la croissance démographique, à l’urbanisation rapide et aux stress hydriques prolongés.

D’autres pays, comme la Namibie, misent sur des technologies hybrides, notamment le recyclage, pour combler leurs besoins en eau potable.

Quelles sont les technologies principales ? L’osmose inverse domine le marché mais la distillation reste utilisée dans plusieurs zones désertiques

L’osmose inverse fonctionne avec des membranes spécifiques filtrant les sels ; elle exige des pressions élevées et des systèmes de pompage efficaces.

La distillation repose sur la chaleur pour évaporer l’eau, puis condense la vapeur obtenue, éliminant ainsi les impuretés et sels.

L’osmose est plus économique à grande échelle, tandis que la distillation est plus adaptée aux petits volumes ou aux systèmes hybrides.

Pourquoi le dessalement coûte cher ? Tout est question d’énergie et d’optimisation technologique dans les infrastructures mises en œuvre

Même si le besoin énergétique théorique est faible, la réalité montre des consommations bien supérieures dues aux pertes et à l’inefficacité.

Le procédé thermique peut consommer jusqu’à 15 kilowattheures par mètre cube, selon les conditions de production et la technologie utilisée.

L’osmose inverse, quant à elle, consomme généralement entre 2,5 et 3 kilowattheures pour chaque mètre cube d’eau douce produit.

En comparaison, traiter de l’eau douce de surface demande seulement 0,4 kilowattheure par mètre cube, soit presque dix fois moins.

Dessaler l’eau : un pari stratégique pour demain, mais une équation énergétique et financière encore loin d’être universellement résolue

Le dessalement représente une réponse technique à la rareté hydrique, mais sa dépendance à l’énergie en limite l’usage généralisé aujourd’hui.

Pour certains pays, c’est une question de survie ; pour d’autres, c’est encore un luxe technologique difficilement soutenable financièrement.

Avec les progrès des énergies renouvelables et des membranes plus performantes, les coûts devraient progressivement baisser dans les années futures.

CAMUS BOMISSO

photo:dr

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