Plongé dans le doute et les ténèbres, Himra raconte sa traversée du désert, guidée par une force invisible et spirituelle.
C’est dans la nuit, entre solitude, foi et authenticité, que ses textes les plus puissants sont nés. Retour sur un éveil intérieur qui a tout changé.
« Dans la musique, il y a un niveau qu’on ne peut pas atteindre seulement avec le travail ou la stratégie. Il y a un volet énergétique et spirituel, une dimension invisible qui conditionne la manière dont les gens te reçoivent, t’écoutent, t’aiment naturellement — sans effort de ta part. Ce volet-là, moi, je n’y avais pas encore accès.
Il ne s’agit pas de technique ou de buzz. Il s’agit d’un regard que pose sur toi une force spirituelle, quelque chose que tu ne vois pas mais qui t’observe dans l’épreuve, qui jauge ta sincérité, ton endurance, ta vérité.
Pendant longtemps, je pensais que « ça allait péter », que le succès allait enfin arriver. Mais chaque année, je me retrouvais au même point, avec les mêmes frustrations. Jusqu’à cette dernière année, juste avant le déclic. À ce moment-là, je vivais encore chez ma mère. Et chaque nuit, dès minuit, je sortais de la maison pour marcher sur un terrain vague, en boucle, jusqu’à six heures du matin.
Toute la journée, je dormais.
Je ne voulais pas voir la lumière du jour, ni affronter une réalité qui m’étouffait. J’étais fatigué de vivre.
C’est dans ces longues nuits de silence, de solitude et de douleur que j’ai commencé à entendre autre chose. Une énergie nouvelle a commencé à m’envahir, un souffle spirituel m’a traversé. Et c’est là que j’ai écrit des morceaux comme « Sans pression » ou « Inch’Allah ». C’est là que j’ai compris qu’il y avait une authenticité absolue à préserver, une vérité du cœur que personne ne peut tricher.
Quand j’écrivais ces textes, j’avais le cœur noir. Je me réveillais parfois en larmes — pas de tristesse, mais de colère, de rage intérieure. C’était une période sombre. Et ma mère voyait ça. Elle sentait cette douleur que je ne disais pas.
Et puis un jour, tout a changé. J’ai sorti « Sans pression ». Et c’est ce morceau qui a fait mon premier million de vues. C’est ce morceau qui m’a donné ma lumière. Le succès est venu quand j’ai lâché le contrôle, quand j’ai écrit avec mes tripes et que j’ai laissé la musique parler avec l’âme. »
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
