Côte d’Ivoire: la presse n’est pas libre. Les raisons

1 an

La Côte d’Ivoire chute de 11 places dans le classement mondial de RSF, passant 53e à 64e.


Ce recul intervient alors que le pays investit massivement dans les infrastructures, espérant améliorer son attractivité internationale.


Cependant, le développement économique ne s’accompagne pas toujours d’un renforcement des libertés fondamentales comme la presse libre.
Glodé Francelin, président de l’ISMCI, a annoncé ce classement le 3 mai, à la RTI Cocody.
Il souligne que le cadre légal ivoirien reste favorable, sans peine de prison pour les délits de presse classiques.
Mais le maintien du délit d’offense au Président limite la liberté critique des journalistes envers le pouvoir.
RSF avait déjà signalé, en 2024, une augmentation mondiale inquiétante des attaques contre les journalistes et la presse.
Plus de 550 journalistes avaient alors été emprisonnés dans le monde, et plusieurs avaient perdu la vie.
En Côte d’Ivoire, les journalistes évoluent dans un climat relativement stable, mais des pressions indirectes persistent fortement.


Francelin pointe deux causes principales du recul.

Pression politique et fragilité économique du secteur de la presse.
Les médias publics comme RTI ou Fraternité Matin sont encore fortement influencés par des partis ou responsables politiques.
Cette influence nuit à l’indépendance éditoriale et altère la crédibilité de l’information diffusée aux citoyens ivoiriens.
Par ailleurs, les journaux connaissent une forte baisse de ventes, compromettant leur survie et indépendance financière.
Ces défis structurels freinent l’émergence d’un journalisme libre, essentiel à toute démocratie réellement stable et inclusive.
Malgré des routes, ponts ou infrastructures modernes, la Côte d’Ivoire peine à garantir la liberté d’expression durable.
Le contraste entre progrès visibles et reculs démocratiques interroge sur la cohérence globale du développement national.
L’édition 2025 de la Journée mondiale de la liberté de la presse a abordé cette problématique mondiale préoccupante.
Elle portait sur le thème : « Informer dans un monde complexe : intelligence artificielle et liberté de la presse

MARIE GNIALET

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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