Une dépression financière pousse Nissan à envisager un mariage avec Honda. Malgré un divorce inachevé avec Renault, son ancien partenaire.
Les négociations révélées par le quotidien japonais Nikkei pointent vers une potentielle acquisition, Honda étant valorisé 40 milliards d’euros contre seulement 8 milliards pour Nissan.
En grande difficulté, Nissan subit une chute vertigineuse de ses ventes en Chine et aux États-Unis. Tandis que sa marge opérationnelle est passée de 5,6 % au premier semestre 2023 à un maigre 0,5 % sur la même période en 2024.
En novembre, le constructeur a annoncé un plan de restructuration ambitieux prévoyant 9 000 suppressions d’emplois. Et une réduction de 20 % de ses capacités de production mondiales.
De son côté, Honda cherche à accélérer ses investissements dans le secteur des véhicules électriques. Il y accuse un retard significatif face à ses concurrents. Une alliance entre les deux entreprises, amorcée en mars, porte sur le développement de l’électrique.
Honda pourrait également tirer parti des usines de Nissan situées aux États-Unis et au Mexique. L’objectif est de contourner les taxes douanières promises par le président élu américain, Donald Trump.
Le gouvernement japonais voit d’un bon œil cette union potentielle.
Alors que des prédateurs étrangers, comme le taïwanais Foxconn ou des concurrents chinois, surveillent Nissan de près.
Cependant, cette fusion envisagée soulève des interrogations. Les synergies attendues pourraient engendrer des restructurations massives, particulièrement au Japon, où les emplois seraient durement touchés.
Les précédentes fusions dans l’industrie automobile se sont souvent soldées par des échecs, créant des distractions pour les entreprises au lieu de leur permettre de relever les défis technologiques.
La transition vers l’électrique exige une concentration totale pour rattraper Tesla et les constructeurs chinois, un domaine où Nissan et Honda accusent déjà un retard critique.
À cela s’ajoutent des différences culturelles majeures : Honda, familial et conservateur, adopte une approche technologique linéaire, contrastant avec une gestion plus chaotique chez Nissan.
Les marchés boursiers traduisent cette incertitude : le cours de Nissan a bondi de 20 %, tandis que celui de Honda a enregistré une chute notable. Illustrant un optimisme réservé.
Pour ces deux géants de l’automobile, ce mariage pourrait être une opportunité salvatrice, mais aussi un pari risqué sur leur avenir commun
JM AHOUSSY
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

