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La tactique de Billon, froide et méthodiquement orchestrée, a été de verrouiller toutes les portes et de jeter les clés.

Enfermant ainsi tout espoir de dialogue ou de compromis. Il a méticuleusement refusé deux tentatives de discussions. L’une avec une délégation de parlementaires et d’élus, dont Yasmina Ouegnin et Jean-Marc Yacé.
L’autre avec des membres de la société civile et des représentants religieux. Ceux qui l’avaient autrefois soutenu se sont progressivement effacés, soit pris de surprise, soit feignant la stupeur devant la brutalité de ses propos.
Dans les coulisses, la vérité, bien qu’indicible pour beaucoup, s’impose avec une clarté implacable.
Billon, tout comme tant d’autres, a été disqualifié au profit de Thiam, ce choix étant scellé lors du congrès.
À quelques mois de la convention de 2025, Billon semble avoir pris la pleine mesure de son impasse politique.
Loin d’être le choix évident pour la désignation, il se trouve écrasé sous le poids des soutiens solides et des figures prestigieuses qui gravitent autour de Thiam – Aby Raoul, Jean-Marc Yacé, Emmou Sylvestre, Jacques Ohouo, Soumaila Bredoumy, et tant d’autres.

Des maires et des députés dont les alliances redéfinissent les rapports de force.

En quelques mois, la dynamique insufflée de Thiam, son aura, sa méthode conciliante et son discours persuasif et un brin incisif en cas de nécessité séduisent. Sous cette irrésistible poussée, il prend le contrôle de tous les organes du PDCI en moins d’un an.
Face à cette réalité, Billon choisit de se jeter dans la tempête.
Préférant endosser le rôle du paria plutôt que celui du compromis. En adoptant une posture d’indiscipline, il s’expose, mais il le fait avec une vision calculée : se faire pousser vers la sortie.
Pousser vers la sortie devient une stratégie de victimisation habile. Un tour de force qui pourrait non seulement rehausser sa côte d’estime, mais aussi lui permettre de retrouver une popularité érodée.

Ainsi, en le poussant ou en le chassant, on ne le bat pas vraiment lors de la convention.

Non, on le transforme en martyr, celui qui, en exprimant ses pensées profondes et sincères, aurait été victime d’une violence insidieuse.
Celle qui frappe la liberté d’expression. Cette manœuvre, cette astuce subtile de Billon, n’est rien d’autre qu’un coup politique magistral.
Il ne se laisse pas détruire ; au contraire, il se donne une nouvelle vie sous forme de légende.
Renforçant sa place dans le cœur des partisans qui se reconnaîtront dans sa rébellion contre ce qu’il perçoit comme un système étouffant. Le jeu n’est plus seulement politique.
Il est désormais celui des symboles et des postures, et Billon s’y joue à merveille. Va-t-il réussir sa pirouette ou se brûler les ailes pour longtemps ? Une chose semble certaine: Billon joue gros.
MARIE GNIALET
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

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