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Théâtre: la compagnie Yrouflê, pour quel soleil

La compagnie Yrouflê, « Soleil nouveau », a dû annuler son spectacle hybride « Hommage aux maîtres », prévu pour ce samedi 7 décembre à 18 heures, au Palais de la Culture Bernard Dadié, dans la salle Niangoran Porquet.

MOISE KOFFI EN INSTANCE DE PERDRE LE SOURIRE

Moïse Mary Koffi, le metteur en scène, avait pourtant offert au public des pièces marquantes. Comme « Le chant du cygne », « En accueillant Godot » et « Mélédouman ». Avec son partenaire le comédien Certain Kouassi, la compagnie Yrouflê lutte sans relâche pour faire vivre le théâtre dans un contexte difficile.

Le théâtre, qui a toujours été un art exigeant, se trouve aujourd’hui confronté à un manque cruel de moyens. Dans un pays où de nombreux comédiens ont dû se reconvertir dans l’humour. L’humour un domaine où les salles affichent complet, le théâtre traditionnel semble souffrir de la comparaison. L’art théâtral, fondé sur la patience, l’attente, le silence et la maîtrise de la diction, n’a plus la même résonance dans la société ivoirienne.

Société ivoirienne où le bruit, l’autosatisfaction et l’impatience dominent. Cette évolution rapide des attentes du public rend encore plus difficile le maintien de la scène théâtrale.

Notamment dans un environnement qui semble désormais tourner le dos à ses exigences de lenteur et de précision.

L’une des grandes difficultés pour maintenir le théâtre vivant réside dans l’absence de mécènes et de soutien financier. Si autrefois, des mécènes discrets soutenaient le monde du théâtre, aujourd’hui c’est fini.

Dans cette situation, l’annulation de « Hommage aux maîtres » en est un exemple flagrant.

Les financements insuffisants, la logistique défaillante et l’absence d’un réel soutien culturel rendent la survie de projets théâtraux de plus en plus incertaine. Les artistes de la compagnie Yrouflê et d’autres structures similaires tentent tant bien que mal de maintenir la flamme du théâtre. Mais la pression des réalités économiques et sociales met à mal leurs efforts.

Dans ce contexte, il est urgent de redonner au théâtre la place qu’il mérite, non seulement en tant qu’art. Mais aussi en tant qu’élément fondamental de la culture, de la réflexion et du dialogue social. Il ne s’agit pas seulement de remplir les salles, mais de maintenir vivant un espace de créativité et d’introspection.

Sans une véritable prise de conscience collective, le théâtre, dans sa forme la plus pure, risque de disparaître. Au profit d’autres formes de divertissement plus immédiates et moins exigeantes.

HARON LESLIE

photo:dr

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