Tae Kwondo: pourquoi Cissé renonce à représenter son pays

2 ans

La Fédération ivoirienne de taekwondo (FITDK) est en crise depuis le 25 octobre 2023. Toutes ses activités sont suspendues sur ordre du ministère des Sports. Mariam, une athlète a fait un choix.

Le siège de la fédération ferme. Entraînant un report indéfini des entraînements et des compétitions. Cette décision fait suite à des conflits au sein de la direction, exacerbés par des accusations de harcèlement sexuel sur mineures.

Ces accusations sont survenues lors d’un stage d’équipe à Bouaké, où des athlètes juniors se préparaient pour un championnat en Corée du Sud. Un entraîneur aurait proposé des massages inappropriés à ces jeunes filles. Une athlète de 17 ans a déposé une plainte, révélant des abus graves.

Jean-Marc Yacé, président de la FITDK et maire de Cocody, a dissous le comité de direction le 19 septembre.

Cela a provoqué des tensions, certains membres contestant sa décision et organisant une assemblée générale pour le démettre. Ils ont prévu une passation de pouvoir au profit d’Ali Diomandé, chargé de diriger un comité de transition.

Pour prévenir des affrontements, le ministère des Sports a temporairement fermé le siège de la fédération.

Cette décision, cependant, ne résout pas la question du harcèlement sexuel qui touche le taekwondo ivoirien. En décembre 2023, Mariama Cissé avait déjà dénoncé des avances inappropriées d’un entraîneur.

Cette situation a conduit au renvoi du mis en cause et à des démissions au sein de la fédération. Une commission d’enquête a été mise en place, mais ses conclusions sont toujours attendues. Mariama Cissé, qui avait dénoncé ces abus, se sent désormais exclue et craint d’être la cible de représailles.

Ancienne vice-championne nationale, Mariama a choisi de combattre dans un club non affilié, renonçant à représenter son pays. Détentrice de 17 médailles, elle a commencé l’art martial à 14 ans en classe de troisième.

Pour Moussa Koné, entraîneur à Yamoussoukro, cette affaire révèle des dysfonctionnements profonds au sein de la fédération.

Pour améliorer la situation, il suggère d’augmenter le nombre de femmes entraîneurs et d’intégrer des modules de sensibilisation sur les violences sexuelles dans la formation des entraîneurs. Mariama confirme que plusieurs athlètes ont subi des abus, mais restent silencieuses par peur des représailles.

L’UNESCO indique que 21 % des sportives à l’échelle mondiale ont connu des abus sexuels. Sans une réforme efficace, la culture du silence perdurera. Le ministère des Sports promet de poursuivre ses investigations pour clarifier cette situation et décider de la reprise des activités.

DESIRE THEA

photo:dr

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