Pourquoi le PDCI officiel doit répondre à M. Billon et consorts, et MAINTENANT !!

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« Les différences […] ne sont pas des faiblesses, mais des forces si elles poussent à une action plus efficace. »

— Lyndon B. Johnson.

Dans le contexte préélectoral de la Côte d’Ivoire, où chaque geste politique est lourd de sens, la posture “officielle” de silence qu’adopte la direction du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), sous la direction de Tidjane Thiam, face aux déclarations virulentes de Jean-Louis Billon, l’un de ses cadres et candidat auto-proclamé pour l’élection présidentielle de 2025, suscite des questions.

 

  1. Billon n’a pas hésité à fustiger la gestion actuelle du parti. Accusant Thiam de transformer le PDCI en un « club de soutien ». Et dénonçant une prétendue imposition de candidature. Je ne listerai pas ses autres critiques toutes aussi acerbes et vicieuses.

 

Face à cette attaque interne qui alimente l’adversaire Rhdp, la direction doit-elle continuer à répondre par le silence ? Doit-elle se contenter des mots et propos improvisés de certains militants, cadres et/ou porte-paroles à l’occasion de questions de conférences de presse ?

 

Est-ce sain et stratégiquement payant d’ignorer un comportement qu’on pourrait qualifier de sape méthodique des fondements du PDCI ? Et tout cela à douze (12) mois d’une élection cruciale. Et dans un monde numérique qui a gommé les notions d’espaces et de temps ?

 

Je vois six (6) raisons pour lesquelles le PDCI gagnerait à répondre de manière officielle et structurée à M. Billon.

 

  1. Clarifier la légitimité de la direction actuelle.

 

Il est crucial pour le PDCI de clarifier sa légitimité et d’affirmer son leadership face aux critiques.

Le PDCI doit ainsi faire sa mue et apprendre à parler à l’opinion publique et même à ses propres militants.

Dans l’histoire politique, de nombreux partis ont été confrontés à des défis similaires de dissidence interne. Citons l’exemple du Parti travailliste britannique dans les années 1980, lorsqu’il faisait face à une contestation interne menée par des personnalités comme Tony Benn.

À l’époque, la direction du parti, sous Neil Kinnock, avait compris l’importance de se positionner clairement. De rappeler la légitimité de son leadership et de souligner son programme politique. Ce choix stratégique a permis de redéfinir l’image du parti, de renforcer sa cohésion, et d’en faire un parti apte à gouverner. Ignorer ces critiques aurait pu affaiblir le leadership de Kinnock et laissé croire à un parti sans direction.

De la même manière, M. Billon s’attaque à ce qu’il considère comme une usurpation de leadership au sein du PDCI.

En affirmant que Thiam et son équipe n’auraient « jamais été au devant du parti ».

Ce discours, sans clarification officielle, pourrait trouver écho parmi certains militants, les partisans du PDCI et surtout chez l’électorat national. Fragilisant ainsi l’image de Tidjane Thiam.

Une réponse stratégique permettrait de rappeler qu’on a choisi la direction actuelle de manière transparente et démocratique. Et qu’elle travaille dans l’intérêt du parti et du pays. Et cette réponse officielle offrirait des éléments de langage structuré aux animateurs du parti.

Ce rappel de la légitimité de Tidjane Thiam est d’autant plus important qu’il s’agit d’un homme dont la vision et les actions passées en tant que Consultant émérite, Ministre, Conseiller de plusieurs pays et d’institutions prestigieuses et Dirigeant performant d’entreprises internationales ont forgé une crédibilité indiscutable.

En réaffirmant les valeurs de cette direction, le PDCI remettrait sa cohésion au centre et  confirmerait sa solidité face à toute tentative de lézarde interne.

 

  1. Préserver l’unité et la cohésion du parti

 

Les dissensions internes (somme toutes normales dans l’action  démocratique), si elles ne sont pas prises au sérieux et maîtrisées, risquent de fragiliser l’unité du parti à un moment où elle est cruciale. Et c’est une erreur de croire que cette divergence particulière serait insignifiante.

Le Parti ne compte pas que sur les voix des militants PDCI chez qui il est clairement majoritaire. Son Président Tidjane Thiam a surtout besoin de convaincre et de mobiliser la majorité des ivoiriens par son image et par ses actes rassembleurs. Ce serait déjà rassurant !

Citons ici l’exemple de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en France (aujourd’hui Les Républicains), qui, après une bataille interne pour la présidence en 2012, s’est retrouvée affaiblie face à l’opinion publique. Les divisions non résolues ont donné l’image d’un parti en désordre, ce qui a pesé lourdement sur sa capacité à mobiliser l’électorat lors des élections suivantes.

 

Le silence, bien que parfois utile pour ne pas alimenter les polémiques, peut être interprété comme de l’indifférence ou une incapacité à répondre aux critiques. Il peut même être intériorisé par les populations comme de l’irrespect,  de l’arrogance ou du mépris , trois mots et trois maux extrêmement préjudiciables en politique. La propagande négative et répétée finit par “convaincre” .

 

Dans ce contexte et après plusieurs mois, une prise en charge officielle, mesurée et bien réfléchie permettrait de rappeler que, si la diversité des opinions est acceptée et même valorisée au sein du PDCI, celle-ci ne doit pas compromettre l’unité et la cohésion. Il est essentiel d’affirmer que le débat interne est bienvenu, mais qu’il doit rester respectueux des institutions et de leurs représentants élus.

 

  1. Éviter la perception d’une faiblesse du leadership

 

Ignorer des critiques constantes et acerbes pourrait également donner l’impression d’un leadership faible, affaibli ou en manque de direction.

Ce fut le cas pour le Parti républicain aux États-Unis après les élections de 2020, où des divisions publiques ont fait croire à une perte de contrôle interne, ce qui a terni l’image du parti. Si ces divisions n’avaient pas été adressées, la perception d’un parti fragmenté aurait continué de miner sa crédibilité.

 

Dans le cas du PDCI, les critiques de M. Billon s’alignent étrangement sur les attaques externes du RHDP. Les propos de M. Billon résonnent comme un écho aux critiques récurrentes du RHDP. Et l’on voit bien que M. Billon déroule une stratégie et un plan de communication méthodique préparé par ses spin-doctors, ce qui rend la réponse d’autant plus cruciale et bienvenue maintenant.

En répondant de manière structurée et sans agressivité, le PDCI pourrait démontrer une force tranquille, affirmant son autorité tout en déjouant les tentatives de déstabilisation.

 

Il est impératif, pour un parti politique d’envergure comme le PDCI, de réaffirmer son leadership sans tomber dans les pièges de la confrontation personnelle. Ceux des dirigeants  du parti qui prônent le silence sous le prétexte que répondre officiellement donnerait trop d’importance à M. Billon ont-ils raison à 12 mois de l’élection ? Est-ce efficace et respectueux en communication politique de prendre un cadre militant de haut et cela face à l’opinion du peuple de Côte d’Ivoire ?

 

  1. La bonne méthode : déplacer le débat vers les enjeux nationaux

 

En répondant, le PDCI devrait surtout recentrer le débat sur les priorités nationales et la vision de Tidjane Thiam pour la Côte d’Ivoire.

Une telle méthode politique, tout en évitant une bataille de mots avec un individu, permettrait de rappeler l’objectif du parti : bâtir une nation réconciliée, forte et prospère. La réponse officielle pourrait rappeler aux Ivoiriens les valeurs défendues par le PDCI, en lien direct avec les enjeux actuels du pays.

 

Il conviendrait alors de préciser que le PDCI se concentre sur des sujets collectifs et  prioritaires pour le développement national tels que :

 

  • La réconciliation nationale dans une Côte d’Ivoire où les citoyens, quelle que soit leur origine, peuvent vivre dans l’unité et la paix.

 

  • Le développement économique inclusif et vertueux par la promotion d’une économie qui profite à tous les Ivoiriens, avec un accent sur l’innovation, l’entrepreneuriat, et l’agriculture moderne et durable, l’endiguement de la corruption, etc.

 

  • L’investissement dans la bonne éducation afin d’offrir à la jeunesse des outils et des compétences pour contribuer à un avenir prospère.

 

  • L’amélioration des services de santé en structurant un système de santé plus juste et plus accessible, qui réduit ainsi les inégalités et améliore la qualité de vie.

 

Ces quelques exemples centrés sur l’amélioration de notre indice de développement humain (IDH)  montreraient que le PDCI, loin de se perdre dans des querelles internes, est tourné vers l’avenir et les besoins concrets des Ivoiriens.

 

  1. Faire preuve de maturité politique

 

Enfin, profiter de M. Billon et consorts pour commencer une communication politique respectueuse et structurée permettrait au PDCI de faire preuve de maturité politique.

 

« Celui qui triomphe d’un conflit interne mène la plus grande des victoires. »

Cette pensée de Lao Tseu rappelle que la véritable force d’une organisation réside dans sa capacité à surmonter ses propres dissensions, renforçant ainsi sa cohésion et sa résilience. Pour le PDCI, une démarche institutionnelle, axée sur la vision et les valeurs du parti, montrerait qu’il reste un parti de référence, capable de gérer les divergences de manière adulte et professionnelle.

Une telle démarche contribuerait à renforcer l’image du parti auprès de l’électorat, notamment des jeunes, qui recherchent un modèle politique exemplaire.

 

  1. Répondre aux critiques sur la légalité et la légitimité du fonctionnement du parti

 

  1. Billon base certains de ses arguments sur des questions de conformité aux textes du PDCI, soulevant des préoccupations quant à la légitimité et au fonctionnement statutaire du parti. Il serait l’homme des principes et le légaliste ! L’attaque est bigrement vicieuse !!!!

Il évoque notamment l’absence de réunions régulières du Bureau politique,  le report et la non tenue à ce jour du congrès ordinaire, suite au décès de l’ancien président Henri Konan Bédié. Il suggère aussi que la désignation de Tidjane Thiam comme candidat  manquerait de légitimité si elle se fait sans une Convention statutaire.

 

En soulevant ces préoccupations, M. Billon appelle indirectement la direction à clarifier son respect des règles internes et à garantir la transparence de ses décisions. Une réponse sérieuse s’impose pour  dissiper les doutes internes et  rassurer militants et électeurs quant à l’absence de manoeuvres suggérées en creux par M. Billon.

En abordant ces préoccupations, la direction montrerait son attachement aux valeurs démocratiques du PDCI, affirmant ainsi que transparence et légalité restent au cœur de sa gouvernance.

 

Conclusion:

Le silence peut parfois être d’or, mais dans le cas présent, il pourrait également être une faille et ne pas servir les intérêts du Parti.

Ignorer les critiques répétées de M. Billon (similaires à celles du RHDP) pourrait laisser penser que la direction actuelle manque de réponse. Ou n’a pas l’autorité ou n’a pas la volonté suffisante pour se positionner face à la dissidence. Ou qu’elle louvoie sur le respect et l’application de ses propres statuts.

Une réponse stratégique, nuancée et respectueuse permettrait non seulement de défendre la légitimité de Tidjane Thiam et de la direction actuelle, mais aussi de renforcer l’unité du parti, d’affirmer un leadership fort, et de recentrer le débat sur les vrais enjeux.

En somme, il est crucial pour le PDCI de montrer qu’il n’est pas uniquement une institution qui se défend des attaques, mais un parti tourné vers l’avenir, porteur d’une vision pour la Côte d’Ivoire.

L’essentiel pour le PDCI est de raffermir ses fondations et de se préparer à AVANCER AVEC FORCE.

 

Soyons donc positifs et PROACTIFS !

Docteur F. SAKO

Militante

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