Ce 17 septembre 2024, à Beyrouth, au Liban, Israël vient de frapper le Hezbollah
5000 bippers piégés, 3000 explosions, 12 morts dont une fillette de 10 ans et le fils d’un député d’un mouvement politique. Ainsi que des milliers de blessés, parmi lesquels l’ambassadeur d’Iran au Liban, qui a perdu la vue.
Ce 17 septembre 2024, à Beyrouth, au Liban, Israël vient de frapper le Hezbollah en plein cœur grâce à l’explosion de bippers. Un outil de communication privilégié par les cadres de ce mouvement politique. Mouvement classé comme organisation terroriste et soutien actif du Hamas, en guerre contre l’État hébreu depuis le 7 octobre dernier.
Nous sommes au Liban, mais la situation est bien plus complexe. Ces outils de communication auraient été piégés dès leur fabrication. Une question se pose : comment le Hezbollah a acquis ces dispositifs ? Et quel rôle ont joué les entreprises concernées dans ce processus ?
En effet, c’est en Hongrie que la société BAC Consulting a fabriqué ces bippers, largement utilisés par le mouvement libanais. Ils sont sous licence du fabricant taïwanais Apollo Gold. Selon les informations disponibles, ces gadgets auraient été piégés dès leur production.
Probablement sous les instructions ou via une manipulation des services secrets israéliens, qui ne seraient pas à leur premier coup d’éclat.
Interrogée, la société taïwanaise, propriétaire de la marque, nie toute implication et déclare ne pas être liée au processus de fabrication. Elle affirme simplement avoir autorisé l’exploitation de sa marque par son cocontractant hongrois, lequel se charge de l’assemblage des composants et de la distribution des produits.
Mais à quel moment les explosifs ont-ils été intégrés dans ces dispositifs ? BAC Consulting était-elle informée du projet visant le Hezbollah ? Le service des achats du Hezbollah ou même l’ambassade d’Iran au Liban étaient-ils complètement ignorants de cette manipulation ?
Cet événement place l’entreprise hongroise et les questions qui en découlent au centre du débat. Un petit dispositif fabriqué en Hongrie, sous licence taïwanaise et que Israël a utilisé dans sa guerre contre le Hamas (palestinien), sur le sol libanais. Démontrant ainsi l’ampleur et la complexité des conflits modernes, où des objets banals peuvent devenir des armes redoutables.
Par Tama César.
photo: dr
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