Portrait. Bouaré Bintou Founé Samaké, une voi.e.x politique.

2 ans

Il est presqu’inné son sens de la politique. Politique au sens de gestion de la cité. Elle nait au moment où les pays d’Afrique doivent eux-mêmes se choisir un chemin : le leur propre.

Elle nait en pleine indépendance. Et bien qu’elle soit jumelle, il lui faut opter pour sa différence. C’est la meilleure façon de se ressembler. Sa sœur,  Mme le Prof. Assétou Founé Samaké épouse MIGAN, sera Ministre de l’enseignement supérieur.

Bintou Bouaré aussi sera ministre plus tard.

Mais tout ce coffre politique se construit tôt. Au Lycée, sa personnalité s’est forgée à l’Internat qu’elle regagne le dimanche soir pour ne le quitter que le vendredi après-midi.

Alors Bintou Bouaré croit en l’amitié de classe ou d’ailleurs. Les amies sont plus que des sœurs de lait, pour elle.

Avec ses amies elle acquiert les valeurs et l’éthique de vie. Et c’est la racine de son militantisme.

Elle intègre l’équivalent du Meeci ou de la Fesci au Mali. C’est l’Organisation des élèves et étudiants du Mali. C’est l’époque où il fallait être parmi les meilleurs pour figurer sur la liste. Les 5 premiers pour être précis.

Bintou obtient son Bac. Jeune, elle se laisse séduire par l’Urss et ses sirènes du changement. Dans ce froid glacial, elle se réchauffe à coup d’idéologies. A coup de partage car l’Urss est un bassin de différence.

MILITANTE POUR LE PARTI DU JUSTE

Elle se forge au droit, droit international avec des jeunes d’Amérique latine, des Africains (Congo, Angola…) des Européens, des Afghans.

L’alliage de comportements impacte. Tout simplement sans influencer. Bintou n’est pas influençable. Elle est libre des actes qu’elle pose.

A l’université, elle rencontre parmi les idées, l’idéologie de l’amour. Son amour deviendra plus tard son mari.

C’est donc des liens de l’Université qu’elle a connue son mari.

Cette rencontre la construit. Davantage.

Elle sait se confronter aux difficultés, faire le choix nécessaire de l’exemplarité et soutenir son prochain.

Quand elle quitte l’Urss, elle est femme et en possession d’un Dea en droit international obtenu à Kiev. Femme africaine dont le corps et l’esprit se sont forgés et parviennent à s’accommoder en 1990, au vent du multipartisme qui souffle sur l’Afrique.

Bintou Bouaré doit travailler pour soutenir son mari dans les charges, une fois rentrée.

Elle intègre l’École militaire d’administration de Koulikoro en qualité de professeur chargée de cours. Et également à l’université des sciences juridiques et politiques de Bamako. Son premier poste est celui de professeur de droit dans un camp militaire. Elle s’y confronte à l’ordre, au respect et à la discipline. Toute chose qui la change des cours classiques.

A l’armée le respect de l’autre est différent.

Bintou Bouaré elle, veut faire des confrontations, transformer le système éducatif et embrasser la vie associative. Elle consacre sa vie au savoir qu’on partage. Pas celui qu’on est fier de garder pour soi jalousement.

Elle veut contribuer à restaurer le Mali et ses populations analphabètes pour qu’ils tissent des liens d’appartenance à leur propre société.

C’est fait parce qu’elle consacre sa vie à ça en confrontant des expériences au Burkina, au Canada, en Côte d’Ivoire…..

AUX CÔTES DES FEMMES:wildaf

Et depuis 1995 elle travaille sur la question des droits humains, des droits de la femme en particulier.

Puis à l’arrivée à la tête du Mali d’Assimi Goita en août 2020, elle sera faite Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille du Mali. C’est le 5 octobre 2020.

Mais sa voie politique, elle la suit en tentant depuis des années à améliorer les droits de la femme. Elle lui fournit une assistance juridique.

Les plus grands défis auxquels elle est confrontée c’est de réconcilier nos traditions et les engagements internationaux.

Certains hommes sapent les acquis des droits des femmes qui sont le fruit d’une société misogyne.

Le Mali est en chantier, les lois juridiques, le statut de la femme sont bousculés. Et surtout le genre est vidé de son contenu.

L’éducation des femmes, le mariage précoce, les violences basées sur le genre, la société a conscience de tous ces faits.

Bintou devient la Présidente de Wildaf Mali.

Présidente du Conseil d’Administration du WiLDAF-AO. Directrice Exécutive du WiLDAF/Mali  Women in Law and Development in Africa Femmes Droit et Développement en Afrique Bamako – Mali.

Son combat permet par exemple d’aboutir à la diminution de la pratique de la mutilation dont le taux de prévalence des 15ans à 49 ans est passé 93% est passée à 83%.

Son pays, le Mali cherche sa voie. Bouaré Bintou elle, l’a trouvée. Elle est et sera apolitique. Il n’y a pas plus politique comme voie et voix.

AK

PHOTO/ DR

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