Fête du travail : Attabi s´attaque aux libéraux

2 ans

Pour la première commémoration du travailleur de cette toute jeune centrale, il s´agissait de sonner la mobilisation. Puis jauger sa crédibilité.

Pour l´une comme pour l´autre, on peut dire que la Confédération Syndicale Espoir (C.S.E) a atteint ses objectifs. Justes quelques chiffres et on se passerait bien de spéculations pour cette dernière-née des centrales syndicales ici. Au parking de la cité Sogephia, à Yopougon, ce 1er mai, en effet, ce sont 27 syndicats. Secteurs privé et public réunis. Un peu plus loin d´Abidjan, ce sont des invitations à prendre part à la fête dans 24 régions du pays. Avec une présence très remarquée au pupitre dans 18 de ces régions.

La C.S.E fait désormais saillie dans le monde du travail et du syndicalisme en Côte d´Ivoire. Beaucoup moins pour sa charte graphique si peu originale que pour ses prises de positions courageuses. Ce 1er mai, Attabi Pacôme, premier secrétaire confédéré de la C.S.E a parlé à Beugré Mambé, le premier ministre ivoirien. Et au monde.

Les maux des travailleurs

Un discours pour le moins hardi porté par l´ardeur d’éloigner le syndicalisme de la tentation de l´embourgeoisement. La situation des palestiniens n´a pas été un tabou pour lui. Un bon prétexte, du reste. « La centrale Espoir appelle à l´arrêt du massacre du peuple palestinien. Et exprime sa compassion à toutes les victimes directes et collatérales de la crise des impérialismes. » A-t-il martelé. Un virage à gauche.

Du côté de la masse laborieuse opprimée, bien sûr ! S´attaquer au système incubateur des maux des travailleurs. Le néolibéralisme. A la limite de la prise de position politique. Qu´importe. « La nature du système politique en Cote d´Ivoire renforce les patrons des entreprises dans leur mépris des droits des travailleurs.

Et de la liberté syndicale. En effet, la Cote d´Ivoire est dans le néolibéralisme. Or, dans ce système, les investisseurs jouissent quasiment de toutes les libertés de manœuvre. Cela dans la conduite de leur business sans s´embarrasser des exigences des droits des travailleurs et du respect de la liberté syndicale. » A-t-il renchéri. Peu enclin à se laisser intimider par un contexte de suspicion généralisée. L´influence du politique.

Humaniser l’autorité politique

Il faut bien une faitière pour porter la voix des travailleurs. Leur croix. Inviter, sans complexe, l´autorité étatique à humaniser l´environnement du travail par « le respect de la dignité des travailleurs. En tant que citoyens ». D´où la nécessité de rééquilibrer le système des primes à la fonction publique. Pour une répartition équitable des ressources du pays aux travailleurs. Selon lui. Même s´il estime que la meilleure façon d´impacter positivement le pouvoir d´achat du travailleur, c´est de relever une chose.  A savoir l´Indice référentielle de Base (IRB) à 500 points. Contre les 233,33 pratiqués depuis 1960.

Belle entrée pour cette jeune centrale.

Erick Fofana

POUVOIRS MAGAZINE