Péné Bi Crepin: « changement de paradigme à l’Ascad »

2 ans

La visioconférence de ce 30 Avril 2024 verra l’implication du Professeur PENE BI CREPIN, qui a bien voulu répondre à nos questions

Pourriez-vous présenter et présenter l’ASCAD ?

Je suis de profession Directeur de Recherches CAMES en Génie Rural & Environnemental. J’ai exercé précédemment durant une trentaine d’années à l’ex IDESSA, au CNRA et à la SUCAF-CI/SOMDIAA. Depuis 2020, j’exerce comme Chercheur–Enseignant à l’Université Internationale de Gd-Bassam (IUGB/Faculté de Sciences Technologies Ingénierie et Mathématiques). Et à l’Université FHB d’Abidjan-Cocody (UFR Sciences de la Terre et des Ressources Minières). Au sein de l’ASCAD, j’assure depuis 2023 les fonctions de Secrétaire d’Académie du Domaine des Sciences Naturelles.

Recherches Cames

Ce domaine regroupe les sciences agronomiques, médicales, pharmaceutiques, vétérinaires, biologiques, géologiques et environnementales. L’ASCAD est l’Académie des Sciences, Arts et Cultures d’Afrique et des Diasporas Africaines de Côte d’Ivoire. Elle se veut une Institution d’excellence et de référence dans la production, la promotion et le rayonnement des Sciences, Arts et Cultures. Pour contribuer au développement économique et social, à la promotion humaine, à la culture de la paix. Et également au renforcement du partenariat avec l’écosystème national et international.

Ses missions sont les suivantes :  Mobiliser des femmes et des hommes de haute compétence et d’expérience. Produire des connaissances scientifiques, technologiques et culturelles. Encourager la production et la diffusion de ces connaissances afin d’impulser le développement, la promotion humaine et la culture de la paix. Contribuer au prestige et au rayonnement de la Côte d’Ivoire. Renforcer le partenariat avec l’écosystème national et international.

Partenariat avec l’écosystème national et international.

Quel est l’objectif du Domaine des sciences naturelles en initiant cette conférence ?

C’est de contribuer, à travers l’ASCAD, à la mise en œuvre des politiques publiques en CI à l’aide des Sciences, Technologies et Innovations (STI).

 Pourriez-vous nous expliquer le choix de ce thème ?

Il s’explique par la Visibilité très faible voire nulle des Sciences, Technologies et Innovations (STI) dans l’implémentation des politiques publiques en Côte d’Ivoire. Et aussi dans la plupart des pays africains. C’est plutôt le contraire qu’on observe, dans les pays développés comme la France, les USA, le Japon, etc. Les Académies de Sciences ont un rôle capital à jouer dans la promotion du développement durable des nations. Cela en œuvrant auprès des pouvoirs publics afin que la conduite des politiques publiques soit sous-tendue par les Sciences, Technologies et Innovations. Celles-ci gagneraient alors davantage en pertinence, efficacité et compétitivité. À travers cette conférence hybride, l’ASCAD et ses partenaires entendent s’imprégner de l’expérience de l’Académie de Technologies de France. Académie Prof Bruno JARRY est le Président. Il s’agit de s’imprégner dans la promotion du Développement par les STI dans un pays comme la France. Cette riche expérience française devrait permettre à la partie ivoirienne de tirer les enseignements nécessaires pour réserver une place de choix aux STI. Et dans la conduite des politiques publiques.

Qui sont les invités à cette conférence ?

La communauté scientifique et universitaire nationale. Y compris les membres de l’ASCAD, les pouvoirs publics (A.N., SENAT, CESEC, Conseils Municipaux, Conseils Généraux), le secteur privé (CGECI).

promouvoir le travail en ligne

Pourquoi le choix de ce format pour cette conférence ?

C’est pour promouvoir le travail en ligne avec les partenaires nationaux et internationaux de l’ASCAD tout en réduisant les coûts de transport et d’hébergement.

Qui est le Conférencier ?

C’est le Prof Bruno JARRY, Biotechnologue et Président de l’Académie des Technologies de France

Quelles sont les perspectives de ce genre de partenariat au niveau Académique ?

C’est d’abord le changement de paradigme au niveau de l’ASCAD. Afin qu’elle puisse davantage jouer un rôle de conseil en matière de Sciences, Technologies, Innovations (STI) auprès des pouvoirs publics ivoiriens dans la mise en œuvre des politiques publiques. Cela nécessite de promouvoir les Relations Science et Politique et la Diplomatie Scientifique. Une expertise dans ces domaines comme c’est le cas dans les pays du Nord, permet aux Académies de gagner davantage la confiance des pouvoirs publics. De même que la confiance du secteur privé comme un maillon essentiel dans l’action politique. Cela pourrait se traduire en ce qui concerne la CI et la plupart des pays africains par l’augmentation de la part du PIB réservée à la Recherche Scientifique et l’Innovation Technologique. Soit de 0.01 à 1%, comme l’ont recommandé les chefs d’État de la CEDEAO depuis 1980.

L’Ascad est membre Nasac

Ensuite, c’est le développement des Réseaux d’Académies Nationales telles que le NASAC en Afrique. Dont un démembrement le WANNAS (Réseau des Académies Nationales en Afrique de l’Ouest) a été créé le 28 Mars 2024 à Abuja. La CI a du reste été élue lors de l’Assemblée Générale Constitutive de ce Réseau pour abriter son siège. Le NASAC dont l’ASCAD est membre joue le rôle de conseil auprès de la Commission de l’Union Africaine (UA). Il en sera de même du WANNAS pour la CEDEAO qui est du reste à l’origine de sa création à la fin mars 2024. Dans les locaux de la Commission de la CEDEAO à Abuja. En dehors de l’Afrique, l’ASCAD entent développer ses échanges avec les grandes faitières académiques internationale dont elle est membre comme le GID (Groupe Inter-académique pour le Développement en France), le Conseil International pour la Science (ISC), l’IAP (Partenariat Inter-académique). Cette coopération internationale est pour l’ASCAD un tremplin pour diversifier ses sources de financement à travers des projets de recherche d’intérêts communs soutenus par des Institutions Internationales comme l’UNESCO, FAO, PNUD, FEM, etc.

La Côte d’Ivoire va tirer profit

Avez-vous un mot pour la fin ?

L’expertise de l’ASCAD en matière de Sciences, Technologies, Innovations (STI) est un atout inestimable pour le développement de notre pays qui est jusque-là insuffisamment exploitée. Pour permettre à la Côte d’Ivoire de tirer profit de cette expertise, l’ASCAD doit changer de paradigme dans sa stratégie de communication. Sa communication avec les pouvoirs publics, la communauté scientifique nationale et le grand public. Elle devra davantage communiquer à travers des notes brèves tirées de ses publications, monographies et littérature grise disponibles. Afin de rendre les résultats de recherches accessibles en montrant leur pertinence dans la conduite des politiques publiques. Elle gagnerait à développer les relations Sciences et Politique, ainsi que la Diplomatie scientifique. Dans le but de montrer son expertise diversifiée en STI. Afin d’accroitre son influence et son impact sur le développement du pays. En la matière, ses efforts de coopération avec des Académies sœurs du Nord devraient porter ses fruits à court et moyens termes.

Propos recueillis par

Haron Leslie

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