Portrait: Judith Didi Kouko Coulibaly, première ivoirienne agrégée de cancérologie

3 ans

La directrice du Centre national d’Oncologie médicale et de Radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), Professeur Judith Didi-Kouko Coulibaly, dit haut et fort que depuis la mise en service du CNRAO il y a 4 ans, par la volonté du Président de la République, Alassane Ouattara, le risque de décès par cancer du sein a baissé en Côte d’Ivoire de 25%.

Tout ce qui lui arrive comme accident, maladie, difficultés est une pure grâce car cette directrice est une fervente croyante.

« Bien avant que je ne naisse, quelqu’un avait planifié tout ce qui m’arrive ». Judith aime à évoquer la main de Dieu sur son destin, son parcours. Dès sa naissance en mai 1971 à Abidjan, ses parents l’encadrent pour qu’elle réussisse. Elle éprouve des difficultés en mathématiques, en arythmie en réalité, pour restituer les choses dans leurs contextes.

Apparaît un premier répétiteur : sa mère, qui gomme ses lacunes et transforme cette faiblesse en défi au point que Judith Oumou Coulibaly s’éprend de cette matière. Disciplinée, studieuse, elle observe cette attitude tout au long de son parcours dans les différents établissements dont le prestigieux lycée Sainte Marie de Cocody.

Après le Baccalauréat, elle choisit de faire la médecine. Dans cet univers, elle trouve des encadreurs, qui sont pour la jeune fille ce que sa mère a été à l’adolescence. Des personnes ressources, des adjuvants de son succès. En décembre 1996, elle troque son patronyme Coulibaly contre Didi-Kouko, celui de son époux, Franck. Interne des hôpitaux, un an plus tard, elle se fait la main, l’âme aussi, dans différents services : aux maladies Infectieuses et tropicales du CHU de Treichville dirigé par le Pr Kadio Auguste, au service d’Anatomie pathologique du CHU de Cocody dirigé par le Pr Diomandé Isidore, au service de Gastro[1]entérologie du CHU de Yopougon dirigé par le Pr Thérèse N’Dri Yoman, au centre national de Transfusion Sanguine dirigé par Dr Konaté Seydou. Mais c’est surtout son passage au service de Cancérologie du CHU de Treichville (Abidjan, Côte d’Ivoire) dirigé par Feu le Pr Echimane Kouassi Antoine qui va être le tournant de sa carrière.

A lire aussi: PORTRAIT : MONNE BOU, LE ROI DU JET

Judith Didi-kouko voit en lui un père, un modèle et veut être comme le professeur. Elle s’en ouvre à lui. Le Pr Echimane la prend sous sa coupe et polit la pierre pour en faire… un diamant médical. Il lui ‘‘file’’ les ficelles du métier, la prépare. Le rapport est fusionnel. La pouliche qui est entre-temps devenue deux fois mère s’en souvient : « Mes filles jouaient sur ses genoux comme elles joueraient sur ceux de leur grand-père ».

Allusion faite au pharmacien feu Didi-Kouko Léonard, dont Judith était la bru. En 2002, elle obtient son Doctorat d’Etat en médecine (Ufr sciences médicales Abidjan), puis part à Tours (en France) approfondir sa formation. Attestation de Formation Spécialisée Approfondie (Afsa) d’Hématologie (Tours, France), en 2004 l’AFSA d’Oncologie médicale (Tours, France), puis un Diplôme Interuniversitaire (DIU) de Soins Palliatifs et d’Accompagnement (Tours, France) et en 2005, un Diplôme Universitaire de Sénologie et de Pathologie Mammaire (Tours, France). La cancérologue participe à des rencontres scientifiques en Côte d’Ivoire, en Afrique et hors du continent. Malheureusement, son mentor la quitte en 2009. Abattue, Judith Didi-Kouko se fait un point d’honneur de lui offrir un cadeau.

C’est chose faite désormais. Car depuis le mois de Novembre 2012, à Libreville, elle est devenue la première femme professeur agrégée de cancérologie de Côte d’Ivoire. L’Afrique n’en compte pas beaucoup.

Il fallait s’y attendre, l Professeur est sollicitée et ses compétences franchissent les frontières de la Côte d’Ivoire. Elle est membre de l’Alliance mondiale contre le cancer (Amcc), de l’Alliance des Ligues Africaines et Méditerranéennes contre le Cancer (ALIAM), de l’Association des Soins Palliatifs de Côte d’Ivoire (ASPCI), membre de Hospice of Africa (France), membre de l’African Palliative Care Association (APCA). Judith

 ALEX KIPRE