Les premiers pas du nouveau président du PDCI suscitent déjà des critiques, souvent à charge et pas toujours justifiées.
Tidjane Thiam a décliné la structure directrice qui devra ramener le vieux parti aux commandes à l’issue des prochaines présidentielles de 2025, Comme on le présumait plus ou moins, l’entrée dans l’arène politique ivoirienne de l’ex patron du crédit suisse susciterait des observations, allant des plus étonnantes aux plus incongrues. Tantôt sur son style d’élocution, sur sa méthode qui se veut volontairement pédagogique, aux antipodes de ces monologues pompeux sans entrain. Tantôt sur ses actions qui visiblement sont épiés plus sur la forme que sur le fond.
Compréhensible dirait-on. Certainement dû à l’inconsistance et à la pâleur des débats auxquels le personnel politique nous a habituées. À l’évidence, la démarche tranche et se veut résolument singulière. Un speech dynamique et synthétique à la teneur purement informative, qui a la curiosité de faire monter déjà dans les tours détracteurs et autres diseurs de bonnes fortunes. Les points saillants de cet oral s’articulaient autour de l’architecture opérationnelle du parti, et bien entendu du fichier électoral. Un dossier des plus épineux.

Il est commun dans la trajectoire de toute formation politique d’observer des tractations internes, voire nébuleuses à l’issue d’un congrès électif, en l’occurrence celui du président du parti. Les nominations qui en découlent obéissent à cette dynamique, faisant des heureux et des frustrés. Rien de nouveau donc sous le soleil. Quand d’aucuns épinglent certains profils jugés vieillissants et inopportuns, d’autres surfent sur la démission de Jean Louis Billon du secrétariat général, pour augurer d’une nouvelle crise. Omettant à dessein que ce dernier du vivant de Bédié assénait déjà qu’il ne rempilerait pas pour ce poste.
De bonne guerre. La tâche ne serait aucunement simple comme il fallait s’y attendre. Aucun chèque en blanc à juste titre. Dommage que la sagacité et la profondeur soient de moins en moins convoquées pour contredire ses premiers pas à la tête du PDCI. Peut-être faudra-t-il sortir des a priori, des procès d’intention, du délit d’hérédité, d’arrivisme et de légitimité pour le juger avec des lunettes objectives. Porter la contradiction sur des actes opérationnels, établis. Auquel cas, cette subjectivité serait perçue comme une crainte mal dissimulée pour ses adversaires. Ça y ressemble pour le moment.
LOÏC DAMAS

