Reprochons à Martial Gohourou le rapport d’étroitesse qu’il établit avec ce qu’il pense. Il fait corps avec son dire.
Reprochons-lui encore sa gestuelle, son expression faciale qui est du reste réclamée par l’émission de la Rti 3 qui exige un gentil et un méchant comme dans tous les pugilats (western, film chinois, Face à face, 5X3 avec Eugène Kacou, On n’est pas couché de Ruquier etc….)
Reprochons lui de ne pas savoir jouer au foot. La majorité des commentateurs ne sait le faire. José Mourihno coach les meilleurs en ne sachant lui-même pas jouer.
Il reste que Martial était dans un rôle et une représentation. Alors on s’est trompé en le renvoyant puisqu’il a bien fait son boulot pour faire monter l’adrénaline.
Pourquoi s’est-on trompé sur le cas Gohourou ?
A cause de la dépendance des observations. Les observations faites par ceux qui en voulaient à Martial Gohourou n’étant pas indépendantes les unes des autres, la loi du grand nombre peut ne pas s’appliquer correctement. La démocratie n’était pas efficace ici, pour la simple raison que cette pseudo démocratie avait pour socle un fait autocratique.
La plupart de ceux qui en voulaient à Martial Gohourou sont des partisans et ils en ont le droit de Didier Drogba, l’icône nationale que le journaliste avait osé écorcher.
Dès lors tout ce grand nombre était mu par un seul acte en découdre avec Gohourou pour des raisons autres que ses propos au quotidien évoqués.
On ne l’écoutait pas. A peine ouvrait-il la bouche qu’on le voulait dégagé.
« Mais à la réalité, pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer » dit Voltaire
La foule, le grand nombre, peut se tromper. En Côte d’Ivoire, la majorité s’est souvent trompée.
A plusieurs reprises la population a elle-même par exemple regretté les chefs d’Etat qu’elle avait pourtant appelés de tous ses vœux.
On s’est aussi trompé sur le cas Gohourou qui faisait le buzz mais sans être boucantier, ni influenceur ou autres.
Gohourou est journaliste à la base, passé par « Notre voie », « Le fanion », « Fraternité matin » des organes relativement sérieux.
Quand il est en possession d’une information, il la traite. Informer vient du latin « informarer » c’est-à-dire mettre en forme. Tous les journalistes sérieux recoupent leurs informations, il la vérifie, la soumette à d’autres faits avant de la rendre public.
L’information peut ne pas plaire, mais elle n’est pas fausse. Le journaliste n’est pas là pour plaire. « La place de sa plume est dans la plaie »
Sur internet malheureusement, on veut lire ou entendre ce qu’on pense confortablement. Voici l’origine du différend d’hier.
Aujourd’hui, c’est le vide.
Il est important de reconnaître que de nombreux téléspectateurs qui sont d’ailleurs majoritaires et les détracteurs d’hier peuvent ressentir un vide en raison de l’absence de Martial Gohourou, même s’il était détesté par d’autres. La RTi 3 et les médias peuvent prendre en compte ces réactions tout en maintenant leurs normes éditoriales et en favorisant un environnement médiatique sain et respectueux.
L’occasion est toute trouvée.
La suspension de Martial Gohourou, polémiste devenu le bouc- émissaire de la haine en ligne est l’occasion pour La Rti 3 et les autres médias de réfléchir aux normes professionnelles, à l’éthique journalistique et à l’impact de leurs programmes sur le public. Cela peut conduire à des ajustements dans la manière dont les controverses sont abordées et à une plus grande responsabilité dans la sélection des intervenants et la modération des débats.
Gohourou n’était pas le plus belliqueux. Seulement ses points de vue dérangeaient. Gohourou était minoritaire mais n’avait pour autant pas tort sur de nombreux points. Bien au contraire la suite lui a donné raison
Aujourd’hui c’est Gohourou, ça sera un autre demain tant qu’on fera cette quête douloureuse de la démocratie.
« Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire » c’est encore Voltaire un démocrate confirmé qui s’exprimait à l’abbé Le riche en ces termes le 6 février 1770.
Deux personnes l’ont compris : Arthur Banga et Camille Makosso, deux personnes pour leurs propos, elles aussi détestées et aimées c’est selon, par la haine en ligne.
ALEX KIPRE
POUVOIRS MAGAZINE

