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Guinée: Mamadi Douboumya mélange tout

On sentait que ça n’allait pas bien en Guinée. Interdiction d’aller sur Internet pour s’informer

Le colonel Mamadi Doumbouya, chef de la junte au pouvoir a décidé de dissoudre hier, le gouvernement en fonction depuis juillet 2022.

Dirigeant militaire, il a pris  le pouvoir par un coup d’État et n’a pas le droit légitime de dissoudre un gouvernement élu démocratiquement ou pas. Les actes de pouvoir militaires du Colonel sont généralement considérés comme des actions anticonstitutionnelles et illégitimes sur la scène internationale.

Sa décision est considérée comme un acte de force, contraire aux principes démocratiques et aux droits de l’homme. Dans de nombreux pays, les constitutions établissent des mécanismes spécifiques pour la destitution ou la démission d’un gouvernement, généralement par le biais de processus légaux tels que des élections régulières, des votes de censure parlementaire ou d’autres mécanismes constitutionnels.

 « Le gouvernement est dissous » et « la gestion des affaires courantes sera assurée par les directeurs de cabinet, les secrétaires généraux et les secrétaires généraux adjoints jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement », a dit un porte-parole de la junte, le général Amara Camara, devant une vingtaine de militaires en tenue, dont certains masqués et arborant des armes. Il n’a donné aucune raison à la dissolution du gouvernement, ni fixé de date pour en annoncer un nouveau.

Lorsqu’un gouvernement est dissous par des moyens non démocratiques, cela peut souvent conduire à des tensions politiques, à l’instabilité et à des conflits. En conséquence, les prises de pouvoir militaires et les dissolutions de gouvernement par des chefs de junte sont généralement condamnées par la communauté internationale et peuvent entraîner des sanctions diplomatiques et économiques contre le régime qui prend le pouvoir de manière illégitime.

La junte, avec à sa tête le colonel Mamadi Doumbouya, qui a pris le pouvoir fin septembre 2021, a consenti sous la pression internationale à rendre la place à des civils élus d’ici à fin 2024, le temps de mener de profondes réformes, dit-elle. Elle a fait arrêter un certain nombre de dirigeants de l’opposition et lancé des poursuites contre d’autres. Elle interdit toute manifestation depuis 2022.

Le pays connaît aussi depuis plusieurs semaines de sévères limitations d’accès à Internet. La junte a par ailleurs sévi contre un certain nombre de médias. L’opposition dénonce la conduite autoritaire et exclusive du pays.

Marie Gnialet

POUVOIRS MAGAZINE

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