L’eau « Céleste » provoque la colère des artistes ivoiriens, voici la raison

3 ans

La marque d’eau minérale « Céleste » est au centre d’un scandale sur la toile en Côte d’Ivoire.

Dans une photographie publiée sur les réseaux sociaux le week-end dernier, l’on aperçoit sur un mur une affiche publicitaire de 12m2 de la société d’eau minérale qui cache, en partie, une peinture faite par un artiste pour embellir l’espace.

Un acte « inacceptable », « inadmissible » et qui frise surtout le mépris vis-à-vis des artistes et de leurs œuvres. C’est ce que pensent plusieurs personnes, majoritairement artistes, qui se sont exprimées sans langues de bois sur le sujet.

« JE NE BOIS PLUS CÉLESTE… Quand dans un pays l’Art n’est pas respecté, c’est ce qui se passe. Les gens ont tendance à minimiser le travail des artistes. Quand ça vient des gens, on peut comprendre mais que les entreprises s’y mettent, c’est choquant.  La société Céleste ne sait pas que cette fresque est le fruit de la créativité d’un artiste qui a passé des jours à la concevoir ensuite des jours à la réaliser. On ne peut pas cracher sur le travail de quelqu’un juste parce qu’on veut faire du chiffre. Cette banalisation de l’œuvre artistique est révoltante. A-t-elle pensé un peu à comment l’artiste pourrait se sentir en voyant ça ?En acceptant que son panneau publicitaire soit installé sur une fresque destinée à l’embellissement de la ville, la société Céleste approuve son manque de respect à l’art, à l’artiste mais surtout à la beauté du cadre de vie. J’ai horreur des comportements qui ne respectent pas l’art donc à partir d’aujourd’hui, PLUS JAMAIS DE CÉLESTE DANS MA VIE. PLUS JAMAIS », martèle l’Etudiant, slameur ivoirien connu pour ses prises de positions.

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« C’est simple… Allons en bon groupe pour protester contre ça a la mairie de la commune et plus mm enlever l’affiche directement », se montre plus radical Fahidy GBAGBO Alkashi.

Certains, sans toutefois cautionner les faits reprochés à Céleste, appellent les artistes, frustrés, à la retenue. C’est le cas de Diasyl Diaby qui estime qu’« Il faut modérer les propos concernant cette affiche publicitaire !! Sans cautionner le fait qu’on superpose la pancarte publicitaire sur la fresque, il faut nuancer la condamnation. Parce que, loin d’être coupable de cette violation et violence publicitaires à l’encontre de l’œuvre d’art, la société commerciale qu’est Céleste a certes confié sa promotion à une agence de publicité mais cela ne fait pas de la première la complice de la seconde dans ses manquements vis-à-vis de la fresque-ci. Plutôt que d’incriminer l’entreprise Céleste, il faut porter la pierre à l’agence de publicité. Parce que l’entreprise confie simplement à l’agence son produit pour en faire  la publicité, mais pas à n’importe quel prix!! Alors, allons-y doucement et raisonnablement !i! ». Une idée soutenue par Dagri Edouard en ces termes: « La société qui produit l’eau céleste n’est pas entièrement fautive. L’affichage est fait par des régies publicitaires. Céleste n’est qu’un client de ces régies. Il y a même un organe ivoirien qui est censé contrôler les affichages. Donc tu vois que Céleste est un peu loin dans la chaîne de responsabilité ».

Malgré le tollé général, « Céleste » produit par le conglomérat Carré d’Or, fondé par Ibrahim Ezzedine (décédé) et aujourd’hui dirigé par son frère Zouheir n’a publié aucun commentaire sur les faits. Était-ce un « badbuzz » voulu à des fins commerciales et marketing? La question reste toujours posée.

Adoh.

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