Le Parti démocratique de Côte d´Ivoire (PDCI) sera en congrès, le 16 décembre prochain pour élire son président. Plusieurs candidats sont en lice pour succéder à Aimé Henri Konan Bédié décédé au début du mois d´août dernier, après 30 années passées à la tête du parti, dont sept à la fois comme président du Parti et de la république de Côte d´Ivoire.
Il s´agit donc, le 16 décembre prochain, beaucoup moins de remplacer un défunt président d´une structure politique que de ranimer (au sens étymologique du terme) un corps socio-politique souffrant. Et tout naturellement l´agitation est à son comble dans la maison verte.
« Après le décès du vieux, il faut qu´on trouve un chef pour nous conduire vers 2025. Vous savez très bien qu´au PDCI l´émulation est réelle, parce qu´on a des cadres. Ce sont donc les velléités de candidature qui s´expriment. D´où l´engouement que vous pouvez constater. » Innocent Kouakou, délégué PDCI, candidat malheureux aux dernières municipales à Hiré, préfère ainsi dédramatiser les confrontations larvées qui agitent le parti, depuis le décès du « Sphinx ».
Et pourtant Gnamien Yao, grand conférencier du PDCI brandit le nerf de la guerre comme critère de choix du prochain président par ailleurs candidat aux élections de 2025. « Il ne faut pas attendre la veille des élections de 2025 pour chercher le budget de campagne…Il faut un leadership capable de se mettre au-dessus du besoin matériel primaire. » clamait-il au cours d´une conférence de presse, début octobre. Inutile de chercher à suivre son regard, depuis peu, il est à la tête d´un groupe de cadres du PDCI déterminés à faire de Tidiane Thiam le champion du vieux parti en 2025. Au mépris des textes, du reste.
En clair, pour Billon, Guikahué, Thiam ou encore Thierry Tano et Akossi Bendjo, des états-majors informels s´affrontent à coups de formules sibyllines. Des tentatives de disqualifications, ferment d´une éventuelle implosion que le RHDP, qu´on dit avoir suffisamment infiltré le vieux parti, ne verrait pas d´un mauvais œil. Des cadres de ce parti, transfuges du PDCI n´ont d´ailleurs pas hésité à surfer sur les incertitudes nées du décès du président Bédié à la veille des élections pour reconquérir avec succès la sympathie de la base du PDCI dans certaines localités.
C´est ce que le délégué, Innocent Kouakou semble confesser à demi-mots « Notre défaite aux dernières élections découle de ce que le PDCI souffre, aujourd´hui. La base est inexistante. Les militants s´accrochent juste aux promesses mirobolantes des hommes du pouvoir. On est plus au pouvoir et on a subi des coups depuis 24 ans. Ce n´est pas rien. Mais on est bien là et je sais qu´après le congrès on va remonter la pente. » Reconnait-il, même s´il nie toute rumeur de défections.
« C´est plutôt le contraire. C´est une bonne partie du RHDP qui veut revenir à la maison. La plupart de ceux qui sont partis de la maison PDCI. Même des militants du RDR frappent à la porte. L´espoir de 2025, c´est le PDCI, le RHDP est en déclin, en réalité. Il n´a plus d´offre politique. » De l´optimisme, certainement. Mais au-delà de la propagande, les clameurs de nouvelles défections au sein du vieux partis se mêlent, en effet, aux échos conflictuels du congrès. Le 16 décembre, il n´est pas excessif de dire que le PDCI joue sa survie.
Erick FOFANA
POUVOIRS MAGAZINE

