On peut le dire aujourd’hui, plusieurs quartiers qui avaient connus des accès de violence jeudi et vendredi dans la capitale sont restés calmes, le ministre de l’Intérieur soulignant « une baisse d’intensité » des manifestations. Mais les dégâts sont là et le chiffre de 16 morts et 502 blessés n’est pas une fiction.
Ceux qui paient ce sont ces jeunes qui servent de chair à canon. Parmi les 16 morts, le jeune El Hadji Cissé à peine âgé de 26 ans et chargé de promesse
Le jeune homme de 26 ans qui rêvait d’aller poursuivre au Canada, avait fini de remplir les conditions et les formalités administratives et s’apprêtait justement à partir étudier au Canada, Vendredi dernier, il rentrait à pied de la mosquée lorsqu’il a été touché à l’épaule par une balle.
Transporté d’urgence à l’hôpital, il est décédé quelques minutes plus tard, selon sa famille. Son frère, Djimbala Ba, a appelé toutes les parties impliquées dans la crise à trouver une solution.
Aujourd’hui, on n’hésite pas à taper, cette fois au sens figuré, sur les jeunes, à les dénigrer, à les mettre en cause, au premier chef sur leur civisme. Insouciance, indifférence, « je-m’en-foutisme », les expressions pour fustiger un apparent désintérêt de la jeunesse pour le politique ne manquent pas, prenant souvent les traits d’une critique générationnelle. Et, il faut le dire, les chiffres sont au rendez-vous pour appuyer cette théorie. Mais avec le cas de Cissé, on a tout faux. Le jeune homme est innocent et est victime des appétits des politiques.
Au moins 16 morts et des dégâts considérables ont été enregistrés ces derniers jours au Sénégal. Le gouvernement a employé de gros moyens pour réprimer les manifestants et a procédé à des centaines d’arrestations. Après les restrictions d’accès à Internet, il avait suspendu les données mobiles. L’opposition a dénoncé un acharnement politique.
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