Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) fait l’objet d’un mandat d’arrêt en France. La décision a été prise après que Riad Salamé, 72 ans a fait faux bond à la justice française.
Le chef d’orchestre, autrefois adulé, du système bancaire libanais, en poste depuis 1993, ne s’est pas présenté à un interrogatoire en vue d’une éventuelle mise en examen. Les magistrats avaient informé Riad Salamé de leur intention d’engager des poursuites pour fraude et blanchiment d’argent, incluant la production de fausses déclarations bancaires.
Riad Salamé a l’intention de faire appel, évoquant dans un communiqué des irrégularités de procédure, la convocation n’ayant pu lui être remise à temps, et se disant victime d’une « justice avec deux poids, deux mesures ». Salamé Riad avait contribué à bâtir le système financier libanais de l’après-guerre civile. Caractérisé par le coûteux maintien d’une parité fixe entre la livre libanaise et le dollar, l’édifice s’est depuis effondré. Le pays s’enfonce depuis 2019 dans une grave crise de liquidités.
Des juges français mais aussi allemands et luxembourgeois s’étaient, depuis, rendus à trois reprises au pays du Cèdre pour des auditions. Ces démarches s’inscrivent dans le cadre d’une vaste enquête conduite entre le Liban et plusieurs juridictions européennes.
Riad Salamé est accusé de détournement de fonds au détriment de la Banque du Liban » et de « blanchiment d’argent aggravé » pour
des montants estimés à plus de 330 millions de dollars.
Deux autres individus ont été mis en examen en France dans cette vaste affaire : l’ex-compagne ukrainienne du gouverneur, Anna Kosakova , et l’ancien ministre libanais et PDG de la banque Al Mawarid, Marwan Kheireddine, soupçonné d’être à l’origine des faux documents dans le viseur de la justice. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire.
Marwan Kheireddine est toutefois parvenu à lever ce contrôle et à rentrer à Beyrouth
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