Bouna: Une rébellion chez les prisonniers

3 ans

A les voir, on les prendrait pour des rebelles, ou des hommes en conflit avec la loi tant leurs tenues sont dépareillées, et débraillées. L’uniforme n’est pas de mise. Pour les chaussures, chacun porte ce qu’il trouve, c’est à dire de quoi se prémunir des tessons de bouteilles ou de tout débris. Certains regards rougis par la colère ou par autres choses sont masqués par des lunettes noires. Alors en guise de réaction, ils ont eu l’idée de se sourcer du côté du Japon, le pays où on continue de travailler même quand on est fâché, où l’intérêt général prime sur le particulier

Des brassards rouges comme le fil rouge japonais ont été distribués afin que le personnel puisse faire grève « à la japonaise », muni de ce brassard tout en continuant à travailler. Mais nous ne sommes pas du tout au Japon, ni en Asie. Nous sommes en Côte d’Ivoire, plus précisément à Bouna. Les salariés sont sortis, durant leur pause déjeuner, montrer leur mécontentement et maintenir une atmosphère lourde.

Les gardes pénitentiaires en service à la maison d’arrêt et de correction de Bouna portent depuis mardi 16 mai 2023 des rubans rouges pour exprimer leur mécontentement à l’encontre de leur ministère de tutelle. Ces gardes protestataires ont rappelé qu’en 2021, la tutelle avait pris des engagements pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Il s’agit notamment de l’octroi des tenues aux travailleurs,  la revalorisation des taux de bail, l’octroi d’un statut particulier et la mise en place d’une intendance avec un régisseur payeur.

Comme au Japon, pour ne pas ralentir le travail, les grévistes sont tous à leur poste et assurent le service dans l’espoir que ces points ci-dessus évoqués puissent être réglés par la tutelle. Le port des rubans rouges observé chez les gardes pénitentiaires est une mesure nationale émanant de leur syndicat,

POUVOIRS MAGAZINE

 

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